Bruno Retailleau s'engage à réaliser 100 millions d'économie sur l'ensemble de son mandat. « Croyez bien que pour un élu, ce n'est pas des choses faciles à décider. Mais on n'a pas le choix. Je préférerais dire oui à tout et ne pas assumer des économies mais la dette de la gauche c'est nous qui allons devoir la payer. Et je vais l'assumer ». Le détail des économies à faire sera dévoilé à la mi décembre. 25 millions d'euros ont déjà été économisés pour cette première année de mandature a annoncé Bruno Retailleau. Le Conseil Régional a réduit ses dépenses de fonctionnement, notamment sur le fonctionnement de la Région et la communication. « Pour le budget 2017, il y a encore un énorme travail à faire. Nous allons regarder le détail des dépenses ligne par ligne », a précisé le président du Conseil régional.
« À la roulette hollandaise»
Bruno Retailleau ne cachait pas sa colère aujourd'hui. Car s'il est obligé de réduire les dépenses c'est bien, selon lui, à cause des socialistes. Et en premier lieu à cause de l'État. Alors qu'à l'origine, le gouvernement avait promis d'allouer 800 millions d'euros aux régions pour compenser les dépenses liées à leurs nouvelles compétences acquises avec la loi Notre, c'est finalement 450 millions d'euros qui seront alloués à l'ensemble des régions.
Plus endetté que la moyenne nationale
« Pour les Pays de la Loire, cela représente 15 millions d'euros alors que les dépenses de développement économique sont estimées à 30 millions d'euros, précise le président du Conseil Régional, je ne jouerai pas l'avenir budgétaire de la région à la roulette hollandaise ». Manuel Valls avait bien annoncé en septembre dernier que la DGF (dotation globale de fonctionnement) sera remplacée par le transfert d'une fraction de la TVA à compter du 1er janvier 2018. Une mesure que Bruno Retailleau voudrait effective dès le 1er janvier 2017. « Entre-temps, il y a une élection présidentielle » précise le président du Conseil régional qui s'inquiète de la remise en cause de la mesure. La situation économique de la Région est effectivement alarmante. C'est ce qu'a conclu le cabinet Ernst & Young lors de son audit financier. La région Pays de la Loire apparaît plus endettée que la moyenne avec une dette par habitant de 355 euros en 2014 contre 308 par habitant en moyenne. C'est ce qui explique en partie la dégradation de la notation financière par Standart & Poor's en juin dernier. Et le responsable de cette dégradation, pour Bruno Retailleau, c'est Christophe Clergeau. Il accuse son prédécesseur d'avoir caché une dette de 478 millions d'euros via des autorisations de programme qui n'ont pas été votées. « La soi-disant dette cachée n'a jamais existé », lui répond Christophe Clergeau. « Il s'agissait de projets portés par l'ancienne majorité que la droite pouvait abandonner. Elle a décidé de les reprendre, elle doit les assumer », précise l'ancien vice-président du Conseil régional dans un communiqué. Le montant de la dette, en 2015, s'élevait à 1,44 milliard d'euros.