Connaître ses risques : Première arme antisinistre

Connaître ses risques : Première arme antisinistre

Assurer des dysfonctionnements mineurs, passer à côté de menaces réelles pour l'activité, etc. Parce qu'il a le ?nez dans le guidon?, le créateur ou le responsable d'entreprise n'aborde pas toujours les risques de façon rationnelle. Première étape: l'état des lieux.

Prévoir, anticiper, prévenir... Les experts l'affirment tous haut et fort. Une bonne gestion des risques de l'entreprise passe par un travail de fond en amont. Le jour d'un sinistre, il n'est plus question d'y songer. Inutile non plus de penser assurances tel un ?mal nécessaire? avant même d'analyser ses besoins exacts. «Dans l'idéal, toute démarche de ce type doit débuter par un inventaire le plus exhaustif possible des risques internes et externes de l'entreprise, qu'ils soient assurables ou non, précise Éric Demange, directeur des divisions entreprises et PME pour Marsh, groupe spécialisé en gestion des risques et courtage d'assurances. En dressant une cartographie très précise, les périls auxquels l'activité professionnelle est exposée peuvent être identifiés, évalués et hiérarchisés selon leur fréquence et leur gravité.»




L'activité ?décortiquée?

Même incitation à ouvrir grand les yeux du côté de Verlingue, courtier en assurances. Pour Roland Branger, manager IARD, l'écoute doit être privilégiée pour se saisir des risques propres à chaque entreprise. «Le plus souvent, les clés des problématiques de risk-management se trouvent entre les mains du prospect, commente-t-il. Au courtier d'écouter puis de prendre de la hauteur afin de mettre en évidence les risques majeurs». Une prise de recul impliquant une connaissance pointue de l'entreprise. De sa genèse à ses process de fabrication, en passant par les clients, prestataires ou encore son positionnement sur le marché, le courtier s'emploie à décortiquer et analyser chaque pan de l'activité. «Via des entretiens et la lecture de divers documents tels que rapports d'audits, comptes de résultats, contrats commerciaux etc., on pointe par une cartographie les vulnérabilités à réduire ou à assurer même si l'assurance ne demeure qu'une solution parmi d'autres pour sauvegarder le patrimoine», poursuit Roland Branger.




Risques majeurs couverts

Ce n'est qu'après évaluation, et réduction des risques, que la question de l'assurance se pose. «Lors de la souscription d'un contrat, le dirigeant devra chercher à optimiser les ressources financières allouées à la gestion des risques, commente Éric Demange. Il n'y a pas de règles systématiques, mais mieux vaut en général opter pour des franchises un peu plus élevées, garantissant une couverture complète des risques majeurs, plutôt que des franchises plus basses avec un dispositif offrant une couverture moins exhaustive.» L'assurance, en somme, reste affaire de bon sens.