D'après les premières estimations de la Fédération des industries nautiques (FIN), le marché poursuit sa croissance en 2008 à un rythme de+5%. Soit deux fois moins que la hausse record de 2007 de 10,4%. Dans un environnement économique difficile, «cette performance repose principalement sur le dynamisme des entreprises françaises sur les marchés extérieurs», note la FIN. 63% du Chiffre d'affaires (CA) des constructeurs de bateaux a été, en 2007, réalisé à l'export. D'après une étude réalisée en mars2008 par Xerfi, le CA des constructeurs de bateaux de plaisance a toutefois connu depuis 2007 un tassement: de+8,4% en 2006, il est descendu à+2,9% en 2007 et pour 2008, il serait de+2%. En 2007, ce chiffre d'affaires représentait 1,2Md€. Dans le même temps, la production de bateaux de plaisance affichera, en 2008, un rythme de croissance nettement moins élevé:+4,5% contre+12,8%. Quant aux distributeurs, leur activité reste soutenue, portée en partie par le marché de l'occasion:+6% en 2008 contre+7,5% en 2007.
Gains de productivité
Les entreprises spécialisées dans la construction de bateaux sont de plus en plus nombreuses. Toujours selon l'étude de Xerfi, vingt-six nouvelles sociétés de 20 salariés et plus ont été recensées entre1998 et2006, entraînant la création de plus de 4.700emplois. Soixante-quatre entreprises de 20 salariés et plus, installées majoritairement sur la façade atlantique, emploient près de 9.500 salariés et affichent un chiffre d'affaires moyen de 23,3M€. Ce chiffre a augmenté de+150% entre1998 et2006 en raison du dynamisme des ventes à l'international mais aussi grâce à d'importants gains de productivité. Le secteur français est largement dominé par Bénéteau. Le groupe vendéen possède trois des quatre plus importants constructeurs de bateaux de plaisance (Bénéteau, Janneau et CNB-Construction Navale Bordeaux). Début 2008, son carnet de commande pour le secteur «bateaux»représentait déjà 80% du chiffre d'affaires de l'exercice en cours. L'entreprise tablait sur une hausse de 7,3% de ses ventes, dont 6% pour la voile et 10% pour le moteur. Reste que toutes ces prévisions ont été établies avant la déflagration économique de septembre. Aura-t-elle un impact sur l'industrie de la plaisance? Les observateurs estiment que les acheteurs risquent d'être plus attentistes. Les ventes réalisées lors du Nautic à Paris formeront à cet égard un précieux indicateur. Elles représentent habituellement le quart du marché annuel.
Malgré la crise, l'industrie nautique française continue sa croissance, mais à un rythme moins soutenu.