Les commerçants rennais seront indemnisés indirectement pour les dégradations que leurs enseignes ont subies dans le centre-ville suite aux dernières manifestations de violence. Réunies le 25 mai par les élus locaux, deux jours après la mise en place d'une commission d'indemnisation des dégradations par le préfet, les associations de commerçants ont pris connaissance d'un plan de relance équivalent à 300.000 euros au bénéfice des commerces et de leur clientèle, sous forme de 30.000 heures de stationnement gratuit, de 50.000 tickets de transports en commun offerts, d'une campagne de communication de plus de 50.000 euros, de droits de terrasse et d'étal gratuit à certaines périodes...
Jusqu'à - 40 % de pertes
Si les franchises d'assurances seront également prises en charge par l'État pour la casse occasionnée, y compris pour les banques (même si le terme « émeutes » exclut bon nombre de contrats), en revanche rien n'est prévu pour les pertes d'exploitation. « Il faut aussi penser à ces pertes et il n'y a pas d'enveloppe pour cela », s'étonne Emmanuel Thaunier, président de la CCI de Rennes, amer par rapport au montant total annoncé : « Ce n'est pas assez ! Des commerçants nous font part de pertes de chiffre d'affaires jusqu'à - 40 %... » Rennes obtient certes un meilleur soutien financier que Nantes, mais les 13 jours de manifestation d'avril et sept jours de mai laisseront des stigmates dans le commerce, encore un peu plus éprouvé par la pénurie de carburant de ces derniers jours. Pas assez non plus pour l'opposant municipal Bertrand Plouvier : « À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle », réclame-t-il. Et de proposer d'« exonérer les commerçants de leurs droits de terrasse non pas d'un mois mais de toute l'année 2016 et les transports en commun doivent être gratuits tous les samedis jusqu'aux fêtes de fin d'année ».
Les banques bienveillantes envers leurs clients
Tout comme leurs clients commerçants, les établissements bancaires ont aussi payé un lourd tribut à ces manifestations : 35 agences saccagées à Rennes. Le 20 mai, la Fédération bancaire française (FBF) a réitéré, au plan national, sa « plus ferme condamnation des actes de vandalisme et de violence des casseurs contre les agences bancaires ». Sa délégation bretonne en a remis une couche le 27 mai, dans un communiqué condamnant « fermement » ces méfaits. Plusieurs acteurs de la place nous avaient confié en amont qu'ils auraient un oeil bienveillant sur leurs clients. Ce que confirme le comité régional des banques qui « s'attacheront à étudier, au cas par cas, toutes les situations, notamment de trésorerie, pour rechercher systématiquement les mesures les plus adaptées ». Restera le traumatisme pour les salariés, toujours retranchés derrière des palissades qui tardent à être retirées par mesure de précaution.
Une commission d'indemnisation suite aux dégradations commises en centre-ville a été créée et des aides annoncées, mais leur montant ne satisfait pas tout le monde...