«Je suis un ancien de l'automobile. Dans l'usine, j'avais une quarantaine de robots. Pour palettiser, soit c'était un système mécanique qui prenait beaucoup de place, soit c'était l'homme. Et les clients ont aujourd'hui des difficultés à trouver des opérateurs pour palettiser manuellement leurs produits. On a donc eu l'idée d'une palettisation robotisée en fin de ligne de conditionnement, un robot ?polyarticulé?. Pour réaliser le robot, nous n'avons pas fait appel à un bureau d'études. Tout a été fait en interne.
Moins de place et d'énergie
Je suis de formation ingénieur et j'ai 27 ans d'expérience. Deux salariés de SFTA Industrie ont également entre quinze et dix-sept ans d'expérience. À nous trois, on a confronté nos idées et on est arrivés à cette nouveauté technologique. Le principe est simple. On prend le produit en vrac, on fabrique les machines pour le conditionner, on le conditionne et on le palettise grâce à notre nouvelle solution. Notre robot prend beaucoup moins de place. 30m² au sol contre 150m² pour un robot traditionnel, avec une hauteur sous plafond de 3m50 contre 6m. Et il dépense six fois moins d'énergie. Le gros avantage tient aussi au fait qu'il permet d'éviter la manutention à ceux qui montent les palettes. En temps normal, un opérateur peut porter entre 120 et 150 sacs de 25kg à l'heure pendant huit heures. Chez un de nos clients, notre solution palettise 360 sacs à l'heure, soit un sac toutes les huit secondes. Et on peut aller jusqu'à 1.800 sacs à l'heure, pour 790 schémas de palettes possibles. Une fois que la palette est terminée, elle est évacuée automatiquement.
Enveloppe Soleau à l'INPI
On a commencé à travailler sur ce projet depuis le mois de mai. On a été aidé par Oséo, en lien avec l'institut Maupertuis pour valider l'innovation. C'est un investissement de l'ordre de 300K€. Comme ce n'est pas brevetable, on a déposé une enveloppe soleau auprès de l'INPI. Cela nous permet d'avoir l'antériorité de l'idée. Aujourd'hui, on a une quinzaine de projets à l'étude dans la région. On prévoit un chiffre d'affaires de 500 K€ cette année et de 700 K€ l'année prochaine. Pour notre implantation à Saint-Méen-le-Grand, on a été aidé par la Communauté de communes et Idea 35. On est dans un atelier relais depuis un an».