«
En mars2008, j'ai décroché un contrat avec une entreprise belge qui avait un projet immobilier à Villenave d'Ornon, autour d'un golf. Ils souhaitaient que mon entreprise effectue le gardiennage du site. Je mets donc en place une surveillance de la zone chaque nuit, de 18h à 6h du matin. Le contrat représente 380h de travail par mois. L'entreprise paye souvent en retard, c'est-à-dire au-delà de 45 jours, mais honore tout de même ses paiements. Et puis, en août2009, mon client me demande d'arrêter le gardiennage, car, explique-t-il, il n'a plus de budget. Un mois plus tard, un responsable de l'entreprise belge me téléphone et dit:?On ne vous paiera pas?. Je suis fou de rage et je lui réponds: ?Vous allez me payer?. J'étais prêt à prendre ma voiture pour lui parler directement. Il me devait 37.000€ et se foutait complètement de savoir qu'il mettait mon entreprise en difficulté!
Harcèlement par textos
Après avoir repris mon calme, j'ai contacté un sous-traitant girondin de mon client, qui était mon interlocuteur en local. Pas de réponse de sa part. J'envoie ensuite une lettre à la mairie de Villenave d'Ornon pour leur expliquer qui sont les gens qui pilotent le projet immobilier autour du golf sur leur commune. Pas de réponse non plus! Je décide alors de noyer de textos le sous-traitant de mon client. Puis je m'interroge: Qu'est-ce qui pourrait embêter ce grand groupe? Un huissier? Trop compliqué car il n'est même pas situé en France. Une lettre recommandée? Ils la liront à peine et la réparation sera de toute façon très longue à obtenir. Je comprends alors qu'il faut s'en prendre à leur image.
Une du journal Paru Vendu
Je m'y connais bien en internet et je crée le site www.malfaiteur.com. Sur ce site web, je raconte l'histoire de grosses entreprises qui se permettent de ne pas payer leurs fournisseurs. Je ne donne pas de nom mais j'annonce que je communiquerai bientôt le nom d'une entreprise et de ses actionnaires. Et pour faire du ?buzz ?autour de cette affaire, j'achète la Une du journal gratuit Paru Vendu qui doit sortir la semaine suivante. Puis j'envoie un texto à mon interlocuteur girondin et à tous les numéros de téléphone de l'entreprise belge que je trouve sur internet pour les mettre au courant. Nous sommes un mardi, et le vendredi suivant je reçois un coup de téléphone du sous-traitant qui m'annonce que je vais être payé. Quatre jours plus tard, l'argent arrivait sur mon compte en banque.»
Detexial
(Saint-Jean d'Illac) Directeur: Jérôme Ramires 25 salariés CA 2009: 1,5M€ @email 05 56 68 80 60