«Juriste de formation, titulaire d'un doctorat de droit environnemental, j'ai de par mes études une certaine sensibilité pour la problématique de la réinsertion des détenus. Voulant m'inscrire dans une démarche d'engagement sociétal, le choix de passer par le biais du travail pénal s'est donc avéré évident. L'activité de Vertical Green, qui consiste à fabriquer et à commercialiser des cadres végétaux, est soumise à la saisonnalité. Nous devons donc augmenter la masse salariale en fonction des besoins. Cette flexibilité, le centre pénitentiaire était à mon sens plus à même d'y répondre qu'un CAT (Centre d'aide par le travail, ndlr). J'ai donc pris contact dès 2008 avec la prison de Draguignan où j'ai trouvé un écho immédiat, le sous-directeur de l'époque cherchant à développer le travail pénal.
Draguignan sous l'eau
Nous disposions d'un atelier de 250m² que nous avons agencé, organisé et équipé. Cinq détenus, sélectionnés par le personnel pénitentiaire, y travaillaient à plein-temps. Ils avaient en charge l'assemblage des pièces, le stockage et le traitement des commandes. Et puis, le 15juin dernier, plus rien. Enfin, si: trois mètres cinquante d'eau dans les rues... Il a fallu attendre dix jours avant de pouvoir constater les dégâts. Résultat: destruction totale de l'outil de travail, stock compris, plus de personnel, et plus d'atelier puisque la prison n'a pas rouvert. Soit l'arrêt total de l'activité pendant cinq mois.
Un privé aux commandes
Je me suis adressée cette fois-ci à la Direction interrégionale des services pénitentiaires de Marseille. Le responsable du travail pénal nous a trouvé un espace au centre pénitentiaire de la Farlède de Toulon. L'organisation y est totalement différente. Alors qu'à Draguignan, nous passions en direct, à la Farlède, l'administration sous-traite la gestion du travail pénal à une société privée. Nous avons dû faire nos preuves, passer des tests en amont... Bref il a fallu un bon mois pour mettre en place l'atelier. Nous disposons aujourd'hui d'un local de 60m². Deux détenus travaillent à plein-temps, mais notre objectif est de retrouver une constance de cinq détenus à partir du second semestre 2011. Financièrement, le coût horaire n'est évidemment pas le même. Nous sommes passés de 4,50 € à presque 10 € de l'heure charges comprises. Par contre, nous n'avons toujours pas de frais de stockage, et la présence d'un contremaître permet de libérer du temps à mon associé pour travailler sur notre implantation prochaine au Benelux, la plaque tournante du marché du végétal. Finalement, l'un dans l'autre, on s'y retrouve. D'autant que la société qui gère la prison de la Farlède officie également dans cinq autres centres de la région et pourra mettre à notre disposition des ateliers supplémentaires.»
Vertical Green
(Sophia Antipolis) Dirigeants: Nathalie Ansaud et Remco de Bos Chiffre d'affaires 2009: 200 k€ @email Tél.: 06.77.54.12.03