Qu'on ne lui parle pas de prendre sa retraite. À 73 ans, Maurice Eymery admet tout juste qu'il va bientôt falloir «ralentir». Ses petites-filles sont prêtes à prendre la relève. Difficile pourtant de quitter son salon. «Je serai toujours dans les parages, histoire de les aider un peu», sourit-il. Il faut dire que l'homme, fin séducteur, a passé plus de la moitié de sa vie derrière les bacs à shampoing. «Je me suis installé à Nice en 1967, explique le septuagénaire. J'ai acheté ce local de 18m² pour une somme modeste. L'ancien salon de coiffure ne marchait pas fort». Avec son humour et son savoir-faire, Maurice Eymery parvient rapidement à fidéliser sa clientèle. Sa femme et sa belle-soeur viennent travailler avec lui.
Des têtes de gondoles au Web
Voyant que les coupes et les brushings ne lui laissent qu'un maigre salaire en fin de mois, Maurice Eymery innove. Il place des shampoings et des soins capillaires près des miroirs, sous les yeux des clientes. «Il fallait faire des ventes pour toucher un petit complément, avoue-t-il. Mais, je n'ai jamais cherché à faire de grosses marges». Très vite, les femmes s'intéressent aux produits, repartent avec un flacon ou deux. C'est le début du succès pour Coiffure BB. L'affaire de Maurice décolle. En 2008, le papy de la coiffure prend le virage du Net pour progresser davantage. «Je sentais l'usure en magasin. Mon gendre informaticien m'a aidé à créer un site pour vendre nos produits à un plus large public». Chaque mois, coiffurebb.fr débourse plus de 2.000€ pour apparaître en bonne place sur Google et les comparateurs de prix.
Des clients venus d'Europe
Grâce à la Toile, l'activité du salon fait un bond. Les recettes augmentent. «Plus de 12.000 personnes ont déjà passé commande sur notre site, confie Maurice Eymery. Les livraisons sont faites dans les 24h». L'autre arme de Coiffure BB? Les prix. «Les clients ne viennent que si nous sommes compétitifs. Aujourd'hui, j'arrive à être 30% moins cher que mes concurrents». Pour y parvenir, l'Azuréen se fait livrer par palette. «J'achète le plus possible pour obtenir la remise maximale», plaisante-t-il. Sa réserve, véritable caverne d'Ali Baba, compte 1.700 références en tout. En deux ans, le business du coiffeur a pris de l'ampleur jusqu'à devenir leader dans son secteur. Les commandes arrivent même de Suisse et de Belgique. Maurice s'amuse de sa réussite sur le Web. L'avenir de ses petits-enfants est tout tracé. Et ça, ce n'est pas virtuel...
À 73 ans, Maurice Eymery est devenu leader du e-commerce en France. Des dizaines de commandes partent chaque jour de son salon de coiffure niçois.