Le fabriquant de matelas Cofel (Epeda, Mérinos, Bultex) a démarré le chantier de son futur site de production de Criquebeuf-sur-Seine le 15 octobre dernier. La nouvelle usine qui devrait être opérationnelle dans le courant du 1er semestre 2016 va nécessiter un investissement de 30 millions d'euros que l'actionnaire Espagnol de Cofel, le groupe Pikolin (Saragosse) consent avec en ligne de mire un objectif bien précis : accompagner le développement en France et à l'international de la marque Epeda.
Epeda retrouve ses parts de marché
C'est ce que confirme le directeur général de Cofel, Luis Flaquer : « À l'origine de ce projet, il y a la croissance de la marque Epeda dont le chiffre d'affaires a doublé sur les sept dernières années ». En 2014, la marque atteindra la barre des 60 millions d'euros de chiffre d'affaires. Une performance qui lui permet de retrouver les parts de marchés qui étaient les siennes en France avant les années 2000, précise le dirigeant. Alors pour se donner les moyens d'assurer « l'explosion de la croissance d'Epeda », le groupe Cofel a décidé de faire construire un nouveau site industriel « ultra-performant qui soit à la hauteur des ambitions de la marque », justifie Luis Flaquer. Et plutôt que de reconfigurer son site historique de Perrier-sur-Andelle dans l'Eure, le groupe a donc fait le choix d'une nouvelle implantation à Criquebeuf-sur-Seine à proximité de l'autoroute A13. « Compte tenu de l'explosion de la demande le site actuel n'était plus adapté ; nous devions par exemple louer des capacités de stockage à l'extérieur ce qui engendrait des coûts supplémentaires », explique le directeur général. En résumé, « la croissance de l'activité ne permettait plus d'utiliser le site de manière rationnelle ». Victime en 2012 d'un incendie qui avait notamment touché les quais de chargement, le site de Perrier-sur-Andelle avait depuis vu une partie de sa production relocalisée sur une usine du groupe à Limoges. Pourtant, assure Luis Flaquer, cet événement n'a pas dicté le choix d'une nouvelle implantation : « même sans l'incendie il aurait fallu prendre une décision pour assurer la fabrication de la marque Epeda sur un site plus moderne ». Le groupe, qui dispose de cinq usines en France ainsi que de capacités de production en Espagne et au Portugal a décidé, in fine, de rester dans la région en investissant à une trentaine de kilomètres de sa première implantation.
« Nous n'avons pas voulu prendre le risque de déplacer la production dans l'une de nos usines en Espagne car nous avions conscience que le succès de la marque nous le devions aux personnes en place ; alors quand nous avons eu l'assurance que les salariés nous suivraient, nous avons fait le choix d'une solution qui garantie les emplois », explique le dirigeant. Même si les salariés avaient marqué au départ leur préférence pour une reconfiguration du site existant. Solution qui aurait nécessité « beaucoup de millions d'euros pour des améliorations mineures », justifie le dirigeant.
Cap sur l'export
Si Epeda réalise aujourd'hui l'essentiel de son chiffre d'affaires en France, le groupe Cofel veut profiter de son nouvel investissement pour développer ses positions à l'international. « La proximité de Rouen, de l'autoroute A13 et surtout du port du Havre va beaucoup nous aider à créer cette grande marque française de literie à l'export », espère Luis Flaquer qui vise l'Europe de l'Est, le Moyen-Orient, l'Afrique francophone, l'Asie et les pays européens limitrophes. « Mais tout cela prendra du temps », prévient-il. Cofel emploie aujourd'hui 160 personnes dans l'Eure. Un chiffre qui pourrait croître de 15 % à compter de 2016, date de la mise en service du nouvel outil, estime le dirigeant.
Guillaume Ducable
Literie Le fabriquant de matelas Cofel, filiale du groupe espagnol Pikolin, a lancé en octobre dernier le chantier de son futur site de production de Criquebeuf-sur-Seine. Le groupe souhaite ainsi accompagner la croissance de la marque Epeda.