Le Havre
CODAH : Assurer la succession et la continuité après Antoine Rufenacht
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CODAH : Assurer la succession et la continuité après Antoine Rufenacht

Édouard Philippe est l'héritier d'un bilan placé sous le signe du développement de l'agglomération havraise, mené par de grands projets structurants.

Président de la communauté d'agglomération havraise (CODAH) et maire du Havre, Édouard Philippe a succédé, en cours de mandat, à son prédécesseur et mentor Antoine Rufenacht. Le ténor de l'UMP a laissé à son dauphin les commandes d'une agglomération en plein développement, fort d'un bilan positif, au dire même de certains de ses adversaires de gauche sur place.




L'ère des grands chantiers

C'est la marque de la mandature Rufenacht : la mise en oeuvre de grands chantiers destinés à hisser l'agglomération au rang de « métropole maritime internationale », explique le contrat d'agglomération havraise 2007-2013.Mis en chantier sous l'ère Rufenacht, président de la Codah de 2001 à 2010 (maire du Havre de 1995 à 2010), plusieurs grands chantiers emblématiques du renouveau havrais ont vu leur aboutissement après l'arrivée d'Édouard Philippe aux commandes de la ville et de l'agglomération : Grand stade du Havre qui abrite l'équipe de football du HAC mais est aussi un lieu polyvalent pour concerts et réceptions, le tramway qui après avoir défiguré la ville centre avec son immense chantier lui offre aujourd'hui une artère vitale reliant les divers quartiers entre eux et offre au Havre une image de modernité bienvenue pour une ville qui peine à attirer les cadres et continue de perdre chaque année 1.000 habitants. Le Havre, de loin la ville prépondérante de l'agglomération avec ses 178.000 habitants sur les quelque 243.000 que comptent l'agglomération et ses 17 communes, loin devant les 17.000 habitants de Montivilliers seconde ville de l'agglomération.




Des projets pas aboutis

Une mandature Rufenacht/Philippe qui a vu également l'arrivée de Science Po, la mise en place d'un schéma nautique, le réaménagement du Volcan et de l'espace Niemeyer ou encore la construction de plusieurs parcs d'activités.Un bilan terni malgré tout par un taux de chômage supérieur de deux points à la moyenne nationale (13 % au Havre contre 11 % en moyenne nationale) et des projets non aboutis comme le centre de la mer et du développement durable Odyssey 21, confié à la base à Jean Nouvel (créateur de la piscine des Bains des Docks), projet porté par Antoine Rufenacht mais stoppé par Édouard Philippe pour cause de dépassement conséquent du budget initialement prévu. Une dépense de 80 M€ alors jugée inadaptée par le jeune maire UMP, face à une situation économique difficile. Également porté par Antoine Rufenacht, le projet d'Axe Seine, axe de développement stratégique censé relier Le Havre à Paris via la Seine et une ligne à grande vitesse n'a pour l'instant pas donné de grands résultats et marque le pas. Seule avancée notable : la constitution du GIE Haropa rapprochant les ports de Paris-Rouen et Le Havre, constituant ainsi le premier ensemble portuaire de France. Un dossier pourtant indispensable pour une agglomération qui souhaite jouer un rôle d'importance sur son territoire et dans la mondialisation.




Garder le pouvoir

C'est face à Camille Galap, ancien président de l'Université du Havre et candidat socialiste à la prochaine municipale qu'Édouard Philippe jouera sa première élection de maire du Havre. Bastion communiste jusqu'à l'élection d'Antoine Rufenacht en 1995, le candidat de gauche veut croire que seule l'aura de l'ancien maire lui avait permis d'arracher et conserver la mairie. Camille Galap compte aussi sur le rassemblement de la gauche dès le premier tour pour l'emporter face au dauphin de l'ancien édile. Rien de moins sûr, les communistes semblant vouloir pour l'instant constituer leur propre liste.



S.C

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