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CNRS : Des avancées sur la voiture autonome
Toulouse # Automobile # Innovation

CNRS : Des avancées sur la voiture autonome

Le congrès mondial de la fédération internationale du contrôle automatique s'est tenu à Toulouse en juillet dernier. À cette occasion, le CNRS a présenté ses recherches sur le véhicule de demain. Le laboratoire toulousain Laas-CNRS est impliqué dans ce domaine.

Est-il possible de boire son café et de lire son journal au volant de sa voiture ? Il faut encore patienter mais la voiture autonome est - presque- une réalité. Pour rouler vers elle, le CNRS passe la seconde. En marge du congrès mondial de la fédération internationale du contrôle automatique (Ifac) organisé à Toulouse du 9 au 14 juillet, l'organisme public de recherche a présenté ses dernières avancées dans ce domaine, dont le projet de recherche industrielle du Laboratoire d'automatique, de mécanique et d'informatique industrielles et humaines (Lamih) avec l'équipementier japonais Jtekt.

Direction assistée intelligente

Partant du constat que les personnes âgées ou handicapées sont souvent confrontées à la difficulté de tourner le volant, les partenaires ? ils sont huit - ont inventé une nouvelle génération de direction assistée électrique, couplée à une interface visuelle permettant la représentation des scénarios de conduite. Cette aide à la conduite, dont le projet a démarré en 2010, est au stade du prototypage. « Cette solution, installée sur deux Peugeot 207, dotée d'un budget global de 800.000 euros, n'est pas prête à s'industrialiser, faute de financement. Mais des discussions sont en cours pour lancer l'intégration et la commercialisation », avance confiant Sébastien Paganelli, ingénieur d'études au Lamih.

Utilisation des données externes au véhicule

De son côté Heudiasyc, l'unité mixte de recherche entre l'université de technologie de Compiègne et le CNRS, a conclu avec l'équipementier automobile Renault en mars dernier la création du SIVALab, le laboratoire des Systèmes Intègres pour le Véhicule Autonome, installé à Compiègne. Heudiasyc, dont l'équipe travaille sur l'automatique, les systèmes embarqués et la robotique, et le constructeur français n'en sont pas à leur premier essai. Les deux partenaires avaient déjà développé un système de perception et de localisation à très bas coût, utilisant des récepteurs GPS, des caméras intelligentes, des radars. Aujourd'hui, il s'agit d'améliorer le traitement des données obtenues par des cartes de navigation ou captées à l'extérieur provenant des usagers de la route, afin d'éviter les embouteillages par exemple.

Sécurité et confort à bord

Même si il ne dispose pas d'une équipe dédiée à la voiture autonome, le Laboratoire d'analyse et d'architecture des systèmes, le Lass, à Toulouse planche sur le sujet. « Nous sommes davantage sollicités par des entreprises du secteur aéronautique et spatial, reconnait Louise Travé-Massuyès, directrice de recherche CNRS au Laas. Mais treize chercheurs travaillent sur l'anti-dérapage et les vitesses de rotation des roues, sur le braquage du volant en lien avec la détection d'obstacle ou encore les suspensions pour estimer le profil de la chaussée. Notre défi est le confort et la sécurité à bord des véhicules ».

Les entreprises participent

Pour relever ce défi, le laboratoire collabore avec Continental Automotive (3.300 salariés, 790 millions d'euros de CA) sur la voiture connectée. « Douze thèses ont été menées sur ce sujet », ajoute Louise Travé-Massuyès, qui précise qu'une thèse est lancée avec le spécialiste des équipements électronique Actia (p lus de 3.000 salariés, 431,6 millions d'euros de CA) . L'objet de la recherche porte sur le diagnostic intelligent et connecté des pannes afin d'assurer une maintenance préventive. La voiture 100 % autonome met le turbo mais ne prend pas encore la route.

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