Bluely, le Stade des Lumières, Aéroports de Lyon... voici quelques unes des entreprises locales qui achètent en direct leur énergie à la CNR. « Cette liste pourrait bien s'allonger dans les mois qui viennent, indique au Journal des Entreprises la présidente de la CNR, Elisabeth Ayrault. Pour l'instant ajoute-t-elle, nous comptons des clients très ciblés, qui représentent quelque 3 % de nos ventes. Mais nous étudions la possibilité de vendre davantage aux entreprises, pour passer à 6 % environ. Pour l'heure, 97 % du chiffre d'affaires provient en réalité des transactions opérées depuis la salle des marchés de la Compagnie. Qui cède son énergie produite par l'eau (19 centrales et 21 petites centrales hydroélectriques), le vent (33 parcs éoliens, dont 26 hors de la vallée du Rhône) et le soleil (15 centrales photovoltaïques).
Effort
C'est Frédéric Storck, directeur de l'Energie de la CNR qui étudie l'intérêt... ou pas de diversifier les ventes. « La CNR est particulièrement proche de son territoire. Cela pourrait faire sens, pour nous et pour les entreprises, de travailler davantage en proximité, indique la Présidente. Pour ces entreprises, utiliser une énergie 100 % renouvelable serait un atout en termes d'image » estime-t-elle. Mais l'effort pour la CNR n'est pas neutre. « Il s'agit pour nous de bâtir une offre nouvelle, alors que nous avons l'habitude de travailler depuis une salle de marché. Passer en BtoB ne s'improvise pas. Si nous vendions en direct à Arkema par exemple, cela signifierait de réfléchir à leurs besoins, leurs prévisions de consommation, le système de facturation». Mais cette nouveauté n'est rien à côté d'un enjeu plus important. Longtemps, la CNR a été une entreprise profitable, voire très profitable. D'où ses missions d'intérêt général pour redistribuer sur les territoires qu'elles exploite une partie de ses gains. Ces derniers mois toutefois, la donne a changé. « Le marché spot oscille entre 10 et 50 euros le mégawatt. Il y a quelques mois il était vendu 60 euros, on est descendu à 30. Soit le prix de notre coût de production. En creux, cela implique qu'à ce tarif on ne peut pas renouveler notre matériel » souligne la dirigeante.