Contrôle. Mesure. Régulation. L'acronyme de CMR explique parfaitement les métiers de cette entreprise naît en 1959, créée à la fin du temps des bateaux à vapeur et au début du diesel par l'ingénieur Jean-Edmond Serre. « Les moteurs ont besoin de surveillance. Nous fabriquons des capteurs, essentiellement de température qui nous permettent de contrôler la température et, si besoin, de la réguler. Nous faisons ce travail sur d'énormes moteurs diesel », confie Pascal Fouache, président de la société. Les moteurs, qu'ils soient de navires ou de centrales terrestres représentent encore 50 % de l'activité basée dans le technopôle de Château-Gombert, à Marseille. « Sur le marché des moteurs, nous sommes équipementiers. Nous travaillons en amont avec le motoriste, dès la conception du moteur. Dans ce domaine tout repose sur une classification. Quand un armateur souhaite construire un navire, il choisit son organisme de certification, comme le Bureau Veritas, par exemple. Ensuite tous les éléments composants le navire doivent l'être, y compris le moteur et nos capteurs ». À ce secteur s'est ajouté celui du pétrole et du gaz. « Nous intervenons sur les plateformes pétrolières dont nous réalisons les armoires électriques de distribution. Une plateforme doit être autonome en eau et en électricité. Or celle-ci ne se stocke pas, il faut donc mesurer, contrôler et réguler l'utilisation qui est faite de l'électricité. Nous sommes spécialistes de ce genre d'équipements », poursuit Pascal Fouache.
10 filiales dans le monde
CMR intervient ainsi principalement à Singapour, au travers d'une filiale créée en 1997, suite au rachat d'une entreprise locale. Toutefois, depuis ces dernières années le secteur est en repli. « Depuis un an, les investissements sont à l'arrêt dans le pétrole. Au lieu de sortir une vingtaine de plateformes par an, il ne s'en crée que deux. Il y a ainsi moins besoin de bateaux de service... » L'entreprise est également positionnée sur le marché de l'industrie et de l'énergie, qui représente 13 % de son activité.
20 % du capital détenu par le management
« Nous sommes notamment présents dans les centrales nucléaires. C'est un marché en croissance. Depuis l'accident de Fukushima, les centrales s'équipent de moteurs de secours. De plus, tout le monde souhaite que les centrales actuelles durent plus longtemps que prévu. Il y a un important marché de remise à niveau ». Dans le domaine maritime, CMR intervient sur des navires de Chambon, de Bourbon ou de la SNCM. « Nous avons notamment réalisé l'ensemble des systèmes de contrôle du " Piana " de La Méridionale. Nous faisons beaucoup de R & D. Nous y consacrons ainsi, en moyenne, 10 % de notre chiffre d'affaires. Aujourd'hui CMR compte dix filiales. « Nous produisons dans chacune de nos implantations, du Brésil à l'Asie... » Sur les trois dernières années, le chiffre d'affaires de CMR est demeuré stable. « Nous avons toutefois une rentabilité de 14 %. A part le pétrole, qui est un marché de grands groupes, dans les autres domaines, nous sommes plutôt en concurrence avec des PME. Ce sont des marchés de niche, pas de volume ». Depuis 1988, l'entreprise est détenue par des fonds. « Aujourd'hui LBO France détient 63 % du capital et Cathay, 13 %, mais ce qu'il faut noter c'est que les 20 % appartiennent au management de l'entreprise. Nous comptons 70 actionnaires sur les 700 salariés de CMR ! Le financier est plus enclin à partager que le propriétaire industriel. Pour développer son entreprise après une reprise, le système du LBO est assez exceptionnel », conclut Pascal Fouache.
CMR
(Marseille) Pascal Fouache 700 salariés CA : 70 millions d'euros 04 91 11 37 00 www.cmr-group.com