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CMAR s’agrandit et innove dans son marché de niche des véhicules spéciaux
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CMAR s’agrandit et innove dans son marché de niche des véhicules spéciaux

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À Durtal, le constructeur de véhicules spéciaux CMAR investit dans un nouveau bâtiment de 1 000 m2, pour gagner en surface de production. La PME enregistre une croissance à deux chiffres avec un carnet de commandes bien rempli et pense atteindre 40 millions d’euros de chiffre d’affaires dans les 3 ans à venir. Elle vient de commercialiser une laveuse 100 % électrique conçue par son bureau d’études.

Pour Julien Bonnel, CMAR poursuit une croissance naturelle qui devrait conduire l’entreprise à un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros dans les trois ans — Photo : Olivier Hamard

La société CMAR, fabricant de véhicules spéciaux et d’équipements pour nettoyage urbain, injecte "plus d’un million d’euros" dans un nouveau bâtiment sur son site de Durtal (Maine-et-Loire), mais Julien Bonnel, son président, souhaite rester discret sur le montant précis

de l’investissement. Les 1 000 m2, qui seront opérationnels en juin 2025, vont offrir à la PME spécialisée dans la conception et la fabrication de véhicules spéciaux une surface couverte de près de 7 000 m2, sur un terrain de plus de trois hectares et demi. "C’est un bâtiment de production pour nos véhicules sur lequel nous aurons également des panneaux photovoltaïques en toiture et nous allons ajouter des ombrières, ajoute le dirigeant. La production sera équivalente à notre consommation électrique annuelle, et nous installons également des bornes de recharges pour véhicules. Nous récupérons déjà sur le site 100 % des eaux de pluie qui sont utilisées pour effectuer les tests de nos véhicules."

25 à 30 % à l’export

La surface de production de CMAR était devenue insuffisante : en effet, l’entreprise de 60 collaborateurs poursuit une croissance à deux chiffres depuis près d’une dizaine d’années, si l’on excepte la période Covid, pour atteindre 37 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024. "C’est une croissance naturelle", tempère Julien Bonnel qui a repris l’entreprise en 2021 après y être entré en 2016. "Nous prenons plus de parts de marché et nous continuons aussi à nous développer à l’export, comme en Espagne, en Afrique du Nord, au Qatar, à Dubaï, ou en Israël. Nous avons aussi des véhicules au Brésil, en Asie, en Australie et en Nouvelle-Zélande."
CMAR, qui réalise 25 à 30 % de son activité à l’étranger, travaille sur quatre marchés distincts : la propreté urbaine, avec des laveuses ou des balayeuses, le ferroviaire, pour la maintenance ou la propreté des voies, les travaux publics avec des balayeuses destinées aux chantiers autoroutiers, et le secteur militaire.

Les deux premiers domaines représentent chacun environ 30 % de l’activité de l’entreprise, les deux autres entrant à parts égales pour près de 20 % dans son chiffre d’affaires. "Avoir quatre activités stratégiques est l’une des forces de notre business model, indique Julien Bonnel. Nous adressons des clients différents, avec un portefeuille important allant de la TPE au grand groupe en passant par les collectivités." Pour exemple, les véhicules de CMAR sont présents sur tous les réseaux de tramway en France, hormis celui de Strasbourg.

Un réseau de sous-traitants

Avec un bureau d’études de cinq personnes, l’entreprise conçoit ses véhicules sur la base d’un châssis de camion de toutes marques, selon la demande du client. " Nous sommes des artisans industriels, précise Julien Bonnel, ce qui nous permet de rester très agiles. Nous avons environ 25 personnes en production, qui effectuent tout le montage et l’assemblage des véhicules, ainsi que la fabrication de certaines pièces complexes. En amont, nous faisons appel à un fort réseau de sous-traitants, dont beaucoup sont installés dans un rayon de 30 kilomètres. Mais nous concevons tous nos produits et les tests sont réalisés chez nous."

Les véhicules spéciaux de CMAR, sont totalement conçus, montés et assemblés par l’entreprise durtaloise — Photo : Olivier Hamard

La PME assure elle-même la commercialisation de ses véhicules, réalisés le plus souvent sur commande, avec un réseau de sous-traitants en France et à l’étranger, de même qu’elle dispose de son propre service après-vente. Référencée à l’UGAP, l’Union des groupements d’achats publics, elle a aussi renforcé son service export avec un responsable auparavant en poste au sein du groupe Michelin. "Nous avons aujourd’hui atteint une taille critique qui nous permet d’être compétitifs sur nos différents marchés, indique Julien Bonnel."

Une laveuse 100 % électrique

Dans chacun de ses segments, l’entreprise de Durtal compte 4 à 5 concurrents à l’échelle européenne. Pour 50 % de son activité, elle assure également la distribution de produits de constructeurs européens sur le marché français et dans des pays francophones. C’est le cas de la gamme de propreté urbaine Lynx du constructeur croate Rasco, que CMAR propose en exclusivité en France depuis cette année : des balayeuses compactes déclinées en moteur électrique, thermique ou hydrogène. "Sur nos marchés, les véhicules sont encore à plus de 80 % à moteurs thermiques, indique Julien Bonnel, mais les choses évoluent et nous innovons beaucoup. Nous avons lancé en janvier 2025 une laveuse 100 % électrique qui a été conçue par notre bureau d’études. Nous avons aussi développé à Durtal des balayeuses fonctionnant à l’hydrogène."

Pour les véhicules spéciaux de CMAR, les feux sont au vert et la PME garde sa vitesse de croisière, avec une ambition de 40 millions d’euros de chiffre d’affaires dans les trois ans, elle qui affichait 22 millions d’euros en 2019. Les quatre marchés de l’entreprise durtaloise la tirent toujours plus vers le haut, aussi bien en France qu’à l’international. "Ce sont des marchés porteurs et notre carnet de commandes est bien rempli, confie Julien Bonnel. Après la crise du Covid où nous pouvions accuser du retard avec des problèmes d’approvisionnement, nous sommes aussi revenus à des délais de production raisonnables."

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