Connue pour son poste de secrétaire générale de la CGPME de Meurthe-et-Moselle, Martine Larue vient de prendre une autre casquette: elle est depuis juillet la présidente du Club Entrepreneuriat au Féminin. Adossé au syndicat patronal, ce club ouvert veut mener des actions concrètes pour empêcher les femmes «de s'autocensurer» et d'accéder aux postes à responsabilités.
À quoi sert ce nouveau Club Entrepreneuriat au Féminin? Les chiffres nous montrent que dans un avenir proche, de plus en plus d'entreprises devront être reprises, suite aux départs à la retraite des entrepreneurs papy-boomers. Pour conserver les emplois, pour garantir la solidité du tissu de nos entreprises, il va falloir reprendre ces entreprises. Et trop souvent, nous nous sommes aperçues que les femmes n'osaient pas. Elles s'autocensurent, s'empêchent d'accéder à des postes à responsabilités. Alors qu'elles en ont tous les moyens, toutes les compétences. Notre club vise à faire changer les choses.
Quelles actions allez-vous mener dans ce sens? Nous voulons agir concrètement. Le premier volet de notre action concernera la formation. Il faut dire aux jeunes filles, qu'elles soient lancées dans un cursus universitaire ou encore dans le secondaire, que les portes de l'entreprise leur sont ouvertes, qu'elles peuvent devenir chef d'entreprises. Pour les convaincre, nous allons organiser des rencontres dans les établissements, avec des femmes qui ont réussi, afin de partager leurs expériences. Nous avons déjà de très bons contacts avec l'École des Mines, mais nous souhaitons aussi nous adresser aux jeunes filles issues de la formation professionnelle. Ensuite, nous voulons rentrer dans les pépinières d'entreprises, organiser des tables rondes et dire aux femmes qu'elles ne doivent pas s'arrêter en route, dans le développement de leur entreprise. C'est un phénomène que l'on observe trop souvent. Enfin, nous voulons aussi travailler pour augmenter le nombre de femmes dans les conseils d'administration.
Ces actions concrètes impliquent une présence de terrain. Combien êtes-vous dans le club?
Pour l'instant, nous sommes 15 femmes impliquées, mais notre objectifs est bien sûr de recruter pour être plus efficace.
Faut-il être adhérent à la CGPME pour rentrer dans ce club?
Pas du tout. Pour l'instant, seules deux femmes membres sont aussi adhérentes à la CGPME. Mais il est vrai que nous nous adossons à l'organisation patronale pour fonctionner.
Ce club est la déclinaison départementale d'une initiative nationale. Quel est l'objectif final?
Chaque club, au niveau départemental, organise son action comme il le souhaite. Ensuite, nous organiserons des remontées d'informations, pour échanger sur les bonnes pratiques et, à terme, pouvoir peser sur l'action du gouvernement et voir apparaître des mesures qui permettront de faire évoluer les choses dans le bon sens.
Contact: Martine Larue, présidente du Club Entrepreneuriat au Féminin. Tél.06.88.18.48.21. E-mail: @email