Club des ETI Aquitaine : Messages à Manuel Valls

Club des ETI Aquitaine : Messages à Manuel Valls

Le Club des ETI Aquitaine accueillait le Premier ministre, le 23 juillet, dans les locaux de Ceva Santé Animale, à Libourne. Avec des propositions à lui faire.

Manuel Valls à l'écoute des patrons. Le 23 juillet, le Premier ministre était à Libourne pour entendre des patrons d'ETI (Entreprises de taille intermédiaire), cette catégorie d'entreprises de 250 à 4.999 salariés qui fait tant défaut à la France. « Les ETI sont plus attachées que d'autres au territoire et socialement responsables. L'enjeu stratégique du pays est de les développer », considère Manuel Valls. C'est précisément dans cet esprit que le Club des ETI Aquitaine a été créé fin 2012. Plusieurs de ses membres ont interpellé le Premier ministre sur des sujets comme l'innovation, le financement ou l'internationalisation de leurs sociétés.




Élargir le CIR

Laurence Jacquot, directrice industrie chez le leader mondial de la découpe textile Lectra (211 millions d'euros de CA, 1.500 salariés), a rappelé toutes les qualités que les patrons attribuent au CIR (Crédit d'impôt recherche), tout en ajoutant trois demandes : « sa pérennité sur 5 ans pour assurer une stabilité fiscale », « son élargissement à l'industrialisation des produits et services, ainsi qu'à la mise en place de nouvelles organisations innovantes », et « sa majoration pour les ETI qui créent de l'emploi en France ». Pour Jean-Paul Calès, dirigeant de la société d'ingénierie Cap Ingelec (40 millions d'euros de CA, 250 salariés), « il faut relever le défi du financement des ETI ». Le patron est venu avec trois propositions : « aucune fiscalité au moment de la succession si la famille conserve ses parts pendant 10 ans », « donner un cadre à la holding animatrice », et « faire en sorte que les collaborateurs qui ont pris des titres dans une PME qui a beaucoup grossi ne soient pas soumis à l'ISF ». Jean-François Cledel, président de la société d'ingénierie Ingeliance (32 millions d'euros de CA, 490 salariés), recommande pour sa part que les ETI, comme les PME, puissent demander le remboursement du crédit d'impôt non imputé dès l'année suivante, et non 4 ans plus tard comme c'est le cas actuellement ». Celui qui est par ailleurs président du Medef Gironde a fait ses comptes : « cela représenterait 500 millions d'euros dans la trésorerie de l'Etat ».




Sécuriser les entreprises qui partent à l'international

Enfin, Xavier Narbonne, Dg de Ventana Aerospace (51,3 millions d'euros de CA, 420 salariés) a abordé la question des ressources humaines et Marc Prikazsky, P-dg de Ceva Santé Animale (770 millions d'euros de CA, 3.750 salariés), l'internationalisation des ETI. « Il faut sécuriser les entreprises qui partent à la conquête de marchés étrangers », estime ce dernier. Manuel Valls, qui n'était pas venu faire des annonces, mais alimenter sa réflexion, a répondu qu'il était « sensible à ce qui a été dit en matière de fiscalité », et qu'il restait « attentif au sujet de l'ISF ». Et le Premier ministre de rappeler que « le gouvernement soutient en permanence les entreprises », en citant notamment le CICE, la mise en place de BPI France ou de Business France.



Yann Buanec