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Claas va restructurer une partie de son usine de tracteurs au Mans pour améliorer ses flux de production
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Claas va restructurer une partie de son usine de tracteurs au Mans pour améliorer ses flux de production

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Le fabricant de tracteurs Claas a dévoilé un projet d’extension de son usine du Mans. Un projet qui s’élève à date à 6,5 millions d’euros. L’objectif premier, outre l’arrivée de nouveaux produits d’ici dix-huit mois, est de mieux organiser les flux de pièces. Les milliers d’engins assemblés collent de plus en plus aux besoins spécifiques des marchés à l’international.

Au Mans, le futur bâtiment de 3 800 m2 de l’usine de tracteurs Class permettra d’optimiser les flux d’une production de plus en plus adaptée à la diversité des clients dans le monde — Photo : Autret Architecture

Au Mans, le fabricant allemand d’engins agricoles Claas dispose d’une usine dédiée à la production de tracteurs. Le site s’étale sur 25 hectares, dont 80 000 m2 couverts. En novembre prochain, la construction d’un nouveau bâtiment de 3 800 m2 commencera sur la façade nord de l’usine. Il doit être livré fin 2026.

6,5 millions investis, pour l’instant

Ce projet s’élève à 6,5 millions d’euros. Et l’enveloppe va être augmentée dans le temps. En effet, le permis de construire porte au total sur 12 500 m2. Le futur bâtiment couvrira alors la quasi totalité du parking qui sert aujourd'hui aux salariés. Ces derniers iront demain garer leurs véhicules de l’autre côté de l’avenue Pierre-Piffault, sous 6 000 m2 d’ombrières photovoltaïques. Quatre hectares y ont été acquis en 2023 en vue de réaménager le site industriel.

S’adapter à la diversité du marché

Le futur équipement ne servira pas directement à augmenter la production, prévient le directeur du site, Étienne Bourasseau. "Ce sera un bâtiment multimodal qui va surtout nous permettre d’absorber la diversité de plus en plus importante de nos activités." Le bâtiment de 13 mètres de haut d’un côté servira à optimiser le process industriel et la logistique, et en conséquence, à réduire les coûts liés aux flux.

40 % de références en plus

L’usine gère aujourd’hui 14 000 références de pièces à assembler contre 10 000 il y a quelques années. "Nous ne produisons pas forcément plus de tracteurs ou plus de modèles, mais nous les spécialisons de plus en plus en fonction des clients et des marchés, poursuit Étienne Bourasseau. Nous n’installons pas des moteurs avec les carburants AdBlue pour les pays qui n’ont pas légiféré sur les normes d’émissions polluantes. En Afrique du Sud ou en Australie, nous vendons des tracteurs avec les anciens moteurs diesel. Comme en Europe de l’Est ou encore aux États-Unis, ces agriculteurs ont des milliers d’hectares à exploiter et veulent surtout des engins puissants et équipés de cabines avec des appareils très connectés. En Asie, nous avons choisi de ne commercialiser que le haut de gamme. Nous ne vendrons donc pas le petit tracteur d’élevage que nous venons de sortir en France, par exemple."

Sécuriser la chaîne d’approvisionnement

La multiplication des références de pièces renvoie aussi à la volonté de sécuriser davantage les approvisionnements de l’usine. Claas choisit en effet de diversifier son panel de fournisseurs. "C’est un moyen de se protéger de l’instabilité géopolitique, économique et climatique. L’ensemble de la supply chain mondiale est actuellement perturbée", explique Étienne Bourasseau.

Retour à une production de 10 000 tracteurs

En 2024, l’usine du Mans a produit environ 8 000 tracteurs. Un volume inférieur à ses standards, à cause d’une économie agricole en souffrance. Mais en 2026, le site devrait retrouver son niveau de 10 000 tracteurs à l’année, voit Thomas Spiering, directeur des opérations du groupe : "Nous voyons déjà une hausse de la production, liée à une phase de croissance à l’export."

Étienne Bourasseau, directeur du site Class du Mans, et Thomas Spiering, directeur des opérations du groupe allemand — Photo : Frédéric Gérard

Le directeur allemand est venu en Sarthe pour défendre ce projet "stratégique" de bâtiment multimodal. "C’est un investissement qui prépare l’usine à l’horizon de dix ou vingt ans. Cela entraînera probablement une hausse de la production de l’usine à l’avenir. Mais aujourd’hui, nous ne pouvons pas en dire beaucoup plus."

Les dirigeants n'en diront pas davantage sur les futurs produits inventés dans le centre de recherche et développement qui seront assemblés ici. Pour en savoir plus, rendez-vous est donné en novembre 2025, en Allemagne, dans le cadre d’Agritechnica, le plus grand salon européen du machinisme agricole.

Un millier d'emplois au Mans

Dans son schéma d’aménagement, le directeur Étienne Bourasseau a anticipé que le site pourrait employer 150 collaborateurs de plus d’ici dix ans. En comptant les 70 salariés du centre R & D de Trangé, situé à une dizaine de kilomètres de l'usine de tracteurs, Claas emploie 870 personnes dans la métropole mancelle. Les effectifs montent à un millier, avec les intérimaires actuellement engagés.

"Vous êtes devenus l’un des premiers employeurs industriels en Sarthe", souligne le maire, Stéphane Le Foll. L’édile salue également la qualité du partenariat entre la collectivité et le groupe allemand. "Dans un contexte actuel de flou et de conflits mondiaux, votre engagement, votre fidélité et votre parole tenue sont un atout pour Le Mans Métropole." "Claas est là pour rester", lui a affirmé le représentant allemand, Thomas Spiering. Le groupe a déjà consacré plus de 80 millions d'euros à son usine du Mans, depuis une vingtaine d'années.

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