Cité des civilisations du vin : Comment Alain Juppé lève des fonds à New York

Cité des civilisations du vin : Comment Alain Juppé lève des fonds à New York

Lors d'un déplacement de deux jours aux États-Unis en avril, Alain Juppé a présenté la future Cité des Civilisations du Vin aux Américains. Objectif : financer l'auditorium qui portera le nom de Thomas Jefferson.

Opération séduction pour la Cité des civilisations du vin le 30 avril dans la grande salle du restaurant des délégués des Nations Unies à New York. Près de 200 personnes étaient venues assister à la présentation du futur musée par Alain Juppé, le maire de Bordeaux et de Sylvie Cazes, présidente de la fondation de la Cité des civilisations du vin. Parmi elles, la moitié était des Américains qui avaient payé leur ticket d'entrée près de 650 dollars pour déguster 80 bouteilles venues de 55 pays différents et assister au lancement de la création des Amis américains de la cité des civilisations du vin (AACCV) par Georges Sape, un grand avocat francophile et ancien maître de la Commanderie à New York.




Un appel au mécénat américain

« J'étais à une réception à la mairie de Bordeaux quand Alain Juppé et Sylvie Cazes m'ont présenté le projet pour promouvoir les vins et renouveler l'image de la ville. J'ai trouvé l'idée extraordinaire et il ne m'en a pas fallu plus pour me convaincre », explique celui qui est aussi Chevalier de la Légion d'honneur depuis 2011. Objectif : renforcer les relations franco-américaines en levant un million d'euros pour financier l'auditorium qui prendra le nom de Thomas Jefferson, personnage politique clé dans le développement de l'oenologie outre-Atlantique. L'histoire raconte qu'après avoir été envoyé comme ambassadeur en France, le 3e président des États-Unis avait ramené des plants de vignes bordelais qu'il planta dans son domaine de Monticello, dans l'État de Virginie au début des années 1800.




Un fonds sur le long terme pour la Cité

Alors, George Sape s'est entouré d'Américains philanthropes, d'amoureux du vin et de la France, « pas forcément dans l'industrie », tient-il à préciser. Le board compte ainsi des personnalités comme Robert Wilmers, le P-dg de la M & T Bank Corp. et propriétaire du château Haut-Bailly, qui devient le chairman de l'AACCV, Jamie Ritchie, commissaire-priseur pour les grands vins de Sotheby États-Unis, et Asie ou encore David Wolf, le directeur de C.A. Holdings. « Nous souhaitons abonder un fonds sur le long terme duquel la Cité des Civilisations du Vin pourra retirer de l'argent quand elle en aura besoin », souligne George Sape qui officiera comme le président de l'AACCV. Pour l'alimenter, quatre événements mettant à l'honneur les vignobles de différents terroirs américains seront organisés aux quatre coins des États-Unis. Avec l'espoir que cette initiative incite aussi ses compatriotes vignerons à se reconnaître entre eux aux États-Unis et devienne une vitrine pour la production américaine à Bordeaux. Le vin serait-il un instrument pour favoriser diplomatie et économie ? Il semblerait que oui, au vu des nombreux verres levés le 30 avril aux Nations Unies.