Ciril Group reste sous pavillon français. Contrairement à ce qui avait été annoncé par le média L’Informé, l’éditeur et hébergeur de données lyonnais (500 salariés ; 10 sites en France ; 64,3 M€ de CA en 2024) ne tombera pas dans les mains du fonds d’investissement américain Carlyle (450 milliards de dollars d’actifs), qui avait pourtant remporté l’enchère pour l’acquisition du discret groupe fondé en 1978 et basé à Villeurbanne, près de Lyon. Enchère organisée par la banque d’affaires Hottinguer Corporate Finance, à laquelle plusieurs grands fonds français, dont Five Arrows Principal Investments, la branche d’actifs alternatifs de Rothschild & Co, ont participé.
Bpifrance et la famille Grivel restent majoritaires
En effet, dans un communiqué, daté du 1er septembre, la famille Grivel annonce l’ouverture du capital de Ciril Group "avec l’entrée de deux partenaires financiers de premier plan : Bpifrance et Carlyle Europe Technology Partners (filiale européenne du fonds américain, NDLR)". Si les tickets d’entrée et le poids respectif des deux nouveaux actionnaires dans le capital de la société n’ont pas été communiqués, on sait toutefois que Ciril Group restera souverain. "Le capital reste français" avec Bpifrance "partenaire historique" et la famille Grivel à plus de 50 %, a confié à La Tribune le président du directoire du groupe lyonnais Amaël Grivel. La part restante, non précisée, revient au fonds Carlyle Europe Technology Partner (3,2 milliards d’euros d’actifs), géré par le groupe américain Carlyle.
Une souveraineté assurée
Techniquement, l’intégralité du capital demeure dans le giron européen et ne sera donc pas soumis à des législations extraterritoriales telles que le Cloud Act américain, autorisant l’accès à des données sensibles par les autorités américaines sans contrôle de l’État français. Ce qui était l’une des craintes de la députée LFI — NFP de la 6e circonscription de Paris, Sophia Chikirou, qui avait alerté le ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté Industrielle et Numérique Éric Lombard sur les risques d’une acquisition possible de Ciril Group par Carlyle.
Reconnu pour ses solutions logicielles et son infrastructure hautement sécurisée (certification ISO 27001 et HDS), Ciril Group est fortement implanté auprès des collectivités locales françaises, offrant ses services dans des secteurs sensibles tels que la santé, les finances publiques et les services à la population. L’ETI lyonnaise est également opérateur d’un "cloud souverain". Autant d’activités que bon nombre de députés n’entendaient pas voir partir outre-Atlantique.
"Bâtir un champion européen souverain"
Avec cette ouverture de capital, Ciril Group se dote "de moyens supplémentaires pour accélérer sa trajectoire de croissance" et devenir un champion européen. "Nous sommes idéalement positionnés pour devenir le champion européen souverain avec des capitaux majoritairement français autour de notre famille et de Bpifrance pour servir au mieux les acteurs du secteur public et de nos territoires tout en capitalisant sur les valeurs qui ont fait notre succès. En parallèle, Carlyle doit nous aider à accélérer à l’international grâce à son déploiement et sa connaissance de notre secteur, et ainsi faire de Ciril Group un champion européen", conclut Rémi Grivel, le directeur général de Ciril Group.