Nantes
Cinq ans après son déménagement, le MIN de Nantes affiche un bilan positif et de nouveaux défis
Nantes # Agroalimentaire # Implantation

Cinq ans après son déménagement, le MIN de Nantes affiche un bilan positif et de nouveaux défis

S'abonner

Il y a cinq ans, le MIN de Nantes déménageait à Rezé pour atteindre les 50 000 m² de surface de vente. Affichant aujourd’hui un taux d’occupation de 97 %, le second MIN de France après Rungis a profité de ce déménagement pour passer de 800 à 1 250 emplois. Il doit aussi s’adapter aux évolutions sociétales, avec de plus en plus de livraisons à organiser.

Cinq ans après son déménagement, le MIN de Nantes est rempli à 97 % de ses capacités — Photo : © Alban Lécuyer - Alban Lecuyer

Fruits, légumes, viandes, fruits de mer, ou encore fleurs et décorations. Le Marché d’Intérêt National (MIN) de Nantes commercialise aujourd’hui 200 000 tonnes de produits par an. Cinq ans après un déménagement à Rezé pour un coût faramineux de 130 millions d’euros, c’est l’heure d’un premier bilan pour le second MIN de France après Rungis. Et celui-ci semble plutôt positif. Le nombre d’employés, passés de 800 à 1 200, témoigne de cette marche en avant.

"Le MIN représente 9 % des emplois du territoire de Rezé"

"Nous comptions 3 500 acheteurs en 2019, contre 4 500 aujourd’hui", se réjouit pour sa part Mahel Coppey, présidente de la Semminn (Société d’Economie Mixte du Marché d’Intérêt National de Nantes).

Fruits et légumes ont compensé la restauration en période Covid

Le MIN affiche un chiffre d’affaires de 428 millions d’euros. "Nous sommes arrivés à un niveau de maturité. Ce chiffre reste stable, et évolue plus ou moins avec l’inflation", note Amaury Hanotaux, directeur général de la Semminn. Il est en effet difficile d’imaginer ce chiffre décoller drastiquement, puisque le taux d’occupation du MIN est déjà presque à son maximum et atteint les 97 %.

En revanche, les années Covid-19 auraient pu le voir chuter fortement. "Heureusement, l’activité autour de la vente des fruits et légumes est venue compenser celle en berne de la restauration durant cette période. Aujourd’hui, la tendance s’inverse à nouveau", analyse Amaury Hanotaux.

Durant le Covid-19, la vente des fruits et légumes a permis de compenser la baisse d’activités de la restauration pour le MIN de Nantes — Photo : Benjamin Robert

Face à la crise énergétique

Au-delà du Covid-19, la crise énergétique a aussi frappé le MIN, qui n’est autre qu’une "grosse glacière", selon Mahel Coppey, et donc un site très énergivore. Des travaux ont donc été menés. "Nous avons réduit de 13 % notre consommation entre 2020 et 2023", appuie Mahel Coppey. De plus, le site produit sa propre énergie, lui permettant de répondre à hauteur de 13 % à ses besoins. Avec 31 000 m² de panneaux photovoltaïques, le MIN revendique ainsi être la plus grosse centrale solaire de l’Ouest. Cette souveraineté énergétique devrait se renforcer, puisqu’en 2025, le MIN intégrera le groupement d’achat en commun d’énergie piloté par Nantes Métropole.

Un nouveau lieu pour les jeunes pousses

Si les espaces de ventes semblent contraints, le MIN affiche l’ambition de faire un peu de place aux récentes entreprises du secteur alimentaire. "Il y a ici une force collective pour accompagner les jeunes pousses", témoigne Mahel Coppey, par ailleurs vice-président de Nantes Métropole. Dans ce cadre, un nouveau bâtiment de 1 500 m² devrait voir le jour, pour un coût affiché de 11 millions d’euros. Construit sur le dernier espace disponible des 20 ha du MIN, ce bâtiment accueillera des start-up de la foodtech dans un incubateur, et comprendra des bureaux pour assurer des formations.

S’adapter aux changements sociétaux

Le MIN souhaite également adapter ses infrastructures aux changements sociétaux. "Aujourd’hui, les restaurateurs ne se lèvent plus à 4h du matin pour venir au MIN et finir leur journée tard le soir. Les livraisons via des grossistes augmentent. Il faut repenser nos flux logistiques", prévoit Amaury Hanotaux.

Au niveau des changements alimentaires aussi, le MIN doit s’adapter. "Nous sentons par exemple que les légumineuses prennent de plus en plus de place", note-t-il. En effet, le MIN n’est pas le seul à flairer la tendance des protéines végétales. Le mois dernier, le géant de l’agroalimentaire vendéen Fleury Michon lançait des tranches végétales de légumineuses. Si ce dernier ne se fournit bien sûr pas au MIN, il reste caractéristique d’une tendance de fond auquel le MIN devra aussi répondre.

Nantes # Agroalimentaire # Commerce # Distribution # Implantation
Fiche entreprise
Retrouvez toutes les informations sur l’entreprise SEM DU MARCHE D'INTERET NATIONAL NANTES