«Le chômage partiel est un dispositif ancien, aujourd'hui carburant des entreprises haut-rhinoises». Tenus par Margareth Bosch, directrice départementale du travail (à la DDTEFP), ces propos s'appuient sur des chiffres on ne peut plus explicites. En 2008, plus de 1,6million d'heures de chômage partiel ont été accordées par les services de l'État, soit un volume près de 7 fois supérieur à celui enregistré en 2007 (avec 245.336heures). Ce qui ne veut pas dire que toutes ont été effectivement "consommées", loin de là: 48.466heures ont été utilisées. «Nous avons noté une très forte accélération au cours du dernier trimestre de l'année dernière», précise Margareth Bosch. Et la tendance est loin d'être à l'amélioration: au cours des trois premières semaines de janvier, le niveau accordé atteignait déjà 589.114heures.
L'automobile en première ligne
L'an dernier, ce sont ainsi 117 entreprises du département qui ont eu recours au chômage partiel. Pas moins de 35.800 salariés ont été concernés, pour un budget global supérieur à 5millions d'euros. Sans surprise, toujours d'après la DDTEFP, la filière automobile (constructeurs et équipementiers de rangs 1, 2 et 3) est la première consommatrice de chômage partiel avec 75% des demandes. Mécaniquement, c'est donc le bassin d'emploi de Mulhouse qui, avec 66% des volumes d'heures, est le premier concerné. Il est suivi par le bassin de Colmar (16%), de Thann (6%), de Guebwiller (5%) et celui de Ribeauvillé (3%). Les secteurs de l'équipement du foyer et de l'équipement mécanique et électrique sont également touchés, mais arrivent loin derrière l'automobile. Prévu depuis l'accord interprofessionnel du 21février 1968, le chômage partiel peut intervenir en cas de difficulté économique majeure, de difficulté d'approvisionnement en matières premières ou en énergie, de sinistre ou d'intempéries et de transformation, de restructuration ou de modernisation de l'entreprise. «Il nécessite un arrêt de l'activité dans le but de préserver l'emploi», rappelle la directrice, «et toutes les entreprises peuvent y avoir recours». Elle note, à ce titre, que l'on n'a pas assisté «à des plans massifs de licenciements, ni à des fermetures d'usines». L'assouplissement des modalités de recours au chômage partiel permet de passer de 600 à 800, voire 1.000heures par an et par salarié selon les secteurs d'activité (notamment automobile et textile). Il devrait prochainement être accompagné par une hausse de l'allocation de 50 à 60% du salaire brut dans le cadre d'une convention de chômage partiel.
Les entreprises haut-rhinoises se sont largement appuyées sur ce dispositif pour adapter leurs capacités de production à la conjoncture.