Un bon réseau débute toujours par une implication locale ou régionale, à l'image de ce qui peut se passer dans nombre d'accords commerciaux: ils débutent souvent avec des partenaires de proximité avant de se déployer ensuite géographiquement. En matière de réseaux locaux, le choix est large: chaque région, département, ville et même zone d'activités offre des associations, groupes ou clubs d'entrepreneurs qui permettent aux dirigeants de se retrouver entre eux et de tisser entre eux des liens forts. «Il existe à Lyon plus d'une vingtaine de clubs d'entrepreneurs placés sous l'égide de la CCI. Il s'agit avant tout, pour ces associations, d'échanger avec d'autres dirigeants sur des problématiques communes mais d'être aussi des interlocuteurs forts auprès des pouvoirs publics. Bien entendu, il est évident que ces clubs d'entrepreneurs lyonnais fonctionnent comme des cercles d'affaires, renforçant souvent au niveau local le tissu d'activité professionnelle», témoigne Guy Bénière, secrétaire de l'association CELC (Club des entreprises de Lyon Confluence) et gérant des sociétés Centurion et Team Concept, respectivement spécialisées dans la sécurité et les services aux entreprises. «À l'occasion de déjeuners d'affaires que nous organisons, des échanges de cartes ont lieu. Il est facile, lors de ces rencontres régulières, de s'adresser directement aux autres chefs d'entreprise. Et cela sans aucune barrière à l'entrée. Je dois avouer que grâce à la CELC, je peux côtoyer de potentiels clients sans avoir à élargir ma stratégie de prospection géographique», poursuit l'entrepreneur.
Pas de «tout, tout de suite»
Une analyse que ne démentira pas Claude Casterot, assureur alsacien spécialisé en risques d'entreprise. «En tant qu'assureur, je me dois d'être le plus visible possible dans la région. Un bon réseau professionnel, c'est aussi parvenir à fidéliser vos contacts. J'organise ainsi tous les deux mois des tables rondes liées à mon métier. Il est évident que ces manifestations ont des effets de levier dans toutes mes actions en termes d'image, d'expertise et de qualité relationnelle. Et elles permettent de concentrer mes actions plutôt que de me disperser». Pour autant, au-delà du principe sous-jacent de conclure des affaires, le fameux «tout, tout de suite» ne semble pas avoir cours. «Il ne faut pas espérer de son réseau un quelconque retour sur investissement à très court terme. D'autant plus sur ces terres alsaciennes où les traditions restent fortes. La confiance se mérite dans le temps, il faut le prouver dans la durée et la régularité», conclut Claude Casterot.
À l'heure du web et des clubs nationaux, la base d'un bon réseau reste toujours de jouer la carte locale. Elle reste de loin le meilleur moyen de rompre l'isolement.