Philippe Carrille, propriétaire de 16ha en Castillon Côtes de Bordeaux et 10ha en Saint Emilion, a un projet fou depuis 5 ans: créer une appellation bio à Bordeaux. «Quand j'ai commencé à en parler il y a 5 ans, tout le monde me prenait pour un illuminé, mais la crise a fait bouger les lignes et je suis convaincu que la viticulture traditionnelle telle qu'on l'a connue, est vouée à disparaître. Actuellement 20% de l'appellation Castillon Côtes de Bordeaux, soit 600ha, est en bio ou en conversion. Je pense que d'ici trois ans nous serons prêts pour créer une appellation bio.La demande existe et Bordeaux ne l'a satisfait pas.» En attendant, Philippe Carrille n'a pas de mal à écouler ses vins. Le viticulteur produit trois vins bio issus de trois propriétés: château Poupille (AOC Castillon Côtes de Bordeaux), 100.000 cols par an, château Haut Cardinal (Saint Emilion grand cru), 10.000 cols par an, et château Robin des Moines (Saint Emilion), 50.000 cols par an.
90% du CA à l'export
«À l'époque le négoce n'a pas voulu de moi. J'ai donc développé ma propre stratégie de commercialisation, précise Philippe Carrille. Je réalise 90 à 95% de mon chiffre d'affaires (900.000 €) à l'export et surtout en Asie. Le Japon est mon marché le plus fort. Je vends également en Europe et dans les Dom-Tom. En France, je suis sur une distribution haut de gamme (restauration parisienne, grandes épiceries...).»
Auto-suffisance énergétique
Dans la même veine, Philippe Carrille travaille également à un autre projet autour des énergies renouvelables. «Depuis quelque temps, j'utilise mes sarments pour alimenter la chaudière à bois de mon exploitation. Je suis donc en autosuffisance. Je participe à un projet pilote avec la chambre d'agriculture et une entreprise du Doubs autour de la mise en place d'un système de granulation mobile des sarments.» En clair, un véhicule équipé d'une machine à granulation irait d'exploitations en exploitations pour granuler les sarments. Un groupement pourrait se monter dans les mois à venir.
Tél.: 05.57.40.33.04
Producteur depuis 10 ans de vins bio, Philippe Carrille, propriétaire notamment de château Poupille en Castillon Côtes de Bordeaux, souhaite créer une appellation bio.