Ces demandes de financement concernent essentiellement des investissements pour remplacer ou entretenir leur exploitation (matériel, locaux...) ou pour acheter des équipements, et marginalement des investissements d'innovation qui ne représentent que 13%. Or, ce sont «les investissements immatériels qui boostent la croissance, mais ce sont aussi les plus difficiles à financer par les banquiers», souligne Olivier Avril, expert-comptable et fondateur du cabinet Acting Finance.
Emprunt bancaire pour les investissements traditionnels
Concrètement, vous n'aurez pas la même démarche selon que vous achetez un local pour entreposer vos stocks ou que vous financez une formation de pointe à vos salariés, même si les sommes investies sont très proches. Olivier Avril conseille de «recourir aux emprunts pour tous les investissements justifiables auprès de votre banque: acquisition d'un immeuble, de machines,etc. Préservez vos fonds propres pour tout ce qui est lié à votre activité comme un projet de développement un peu risqué que votre banquier ne verrait pas d'un très bon oeil, un investissement immatériel dont seuls les spécialistes de votre secteur peuvent comprendre la pertinence».
Orthodoxie financière
Autre facteur à prendre en compte: la durée de vie du bien que vous comptez acquérir. Votre choix de financement ne sera pas le même selon que vous investissez dans un immeuble ou dans un matériel à renouveler très fréquemment. Pour ce qui est de l'immeuble, il est rationnel de le financer par un emprunt sur une durée de douze à quinze ans. En revanche, la vitesse de rotation du matériel peut légitimement vous pousser à consacrer une part plus importante à l'autofinancement. L'essentiel étant de respecter le principe d'orthodoxie financière qui veut qu'une immobilisation soit financée par les capitaux permanents dont dispose votre entreprise (capital, réserves, emprunts à long et moyen terme notamment).
Plus d'un tiers des PME qui souhaitent financer leurs investissements envisage d'avoir recours à davantage de crédits. C'est la conclusion du dernier baromètre de KPMG et de la CGPME sur le financement et l'accès au crédit des PME publié en janvier.