Changement de cap dans la politique aéroportuaire régionale
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Changement de cap dans la politique aéroportuaire régionale

La Région Normandie, la Métropole de Rouen et les agglomérations de Caen et Le Havre ont signé mardi 14 mars 2017 une convention qui rebat les cartes de la politique aéroportuaire régionale. Une autorité commune destinée à piloter une offre commerciale commune devrait être créée d'ici 2018 entre les aéroports de Rouen, Caen, Le Havre et Deauville.

Tout n'est pas réglé, loin de là, mais le changement de politique aéroportuaire à l'échelon régional est à l'œuvre. Réunis à Honfleur mardi 14 mars, les présidents des agglomérations de Caen et du Havre, Joël Bruneau et Edouard Philippe, leur homologue de la Métropole de Rouen Frédéric Sanchez ainsi que le président de Région Hervé Morin ont signé une convention qui balaye l'option faisant de Deauville la plateforme régionale unique voulue par les anciennes majorités de Haute et de Basse-Normandie.

Création dès 2018 d'une autorité aéroportuaire commune

Les représentants des quatre collectivités ont fait le choix, explique Hervé Morin, « de bâtir une offre commerciale aéroportuaire commune et complémentaire ». Exit donc le choix de concentrer les forces, et les financements régionaux, sur la plateforme de Deauville. Désormais, on se dirige donc vers un ensemble homogène doté à l'horizon 2018 « d'une autorité aéroportuaire commune », à défaut d'une gouvernance unifiée.

De nouvelles lignes à l'étude

Sur ce point, d'ailleurs, rien n'est tranché, répondent en cœur les élus. Une étude menée « par un cabinet indépendant » devra éclairer les collectivités dans leur choix futur. L'objet, au final, étant d'assurer le développement commercial des aéroports normands et surtout celui de nouvelles lignes (on pense au Rouen-Lyon que le président de la CCI Rouen Métropole Vincent Laudat et Frédéric Sanchez, le patron de la Métropole, appellent de leurs vœux).

Le modèle "Breton" comme exemple

Et si Hervé Morin loue le modèle "Breton", c'est davantage sur la capacités de nos voisin « à bâtir une offre commune » que sur la gouvernance elle-même, assurée en direct par la collectivité régionale. « Cette future autorité ne sera pas là pour assurer la gestion au quotidien mais pour porter la politique aéroportuaire de la Région au sein d'une entité où chaque collectivité disposera d'un droit de veto », assure le président de région.

« Un aéroport, c'est une zone de chalandise »

Pour Joël Bruneau, président de l'agglomération Caen la Mer, « nous sommes sortis de la théorie technocratique selon laquelle en désignant un point central on allait pouvoir aboutir à une plateforme aéroportuaire unique à l'échelon régional. Un aéroport, c'est une zone de chalandise, un tissu économique qui justifie la présence d'une plateforme ».

Aucun aéroport à l'équilibre en Normandie

Au final, rappelle Hervé Morin, « il n'y a pas d'aéroport à l'équilibre en Normandie ! » Alors toutes les économies, à commencer par les économies de gestion, seront les bienvenues. Quant au risque de concurrence entre les différentes plateformes, le président de région avance un argument imparable : « la question, ce n'est pas l'excès (de lignes), c'est l'absence ! La volonté de la région, c'est de sortir de l'isolement en créant de la vitalité sur le territoire ».

Pour le reste, c'est le marché, et donc les compagnies aériennes, qui fera office de juge de paix. Des opérateurs qui vont être consultés dans les mois à venir, assure Hervé Morin.

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