Chambres de commerce : Une réforme aux forceps

Chambres de commerce : Une réforme aux forceps

Les présidents de chambres de commerce ont majoritairement voté en faveur d'une réforme accentuant la régionalisation des CCI. Certains d'entre eux veulent toutefois actionner tous les leviers pour faire capoter le projet.

98 pour, 59 contre, 12 abstentions. Après des mois de débat, les chambres de commerce françaises ont tranché. Lors de la dernière assemblée générale de l'ACFCI, le 14avril à Paris, elles se sont officiellement prononcées en faveur d'un protocole de réforme structurelle. Ce texte ne fait évidemment pas office de loi. Mais il doit servir de base à la réforme présentée par le gouvernement devant le Parlement, vraisemblablement à l'automne prochain. Que prévoit-il? La création d'une CCI régionale renforcée (CCIR), en lieu et place des actuelles CRCI, et des chambres territoriales, qui garderont leur statut d'établissement public mais sans réel pouvoir de décision. Les CCIR auraient en effet pour mission de gérer l'ensemble des fonctions supports des chambres de leur territoire: formation, accompagnement des entreprises, communication, RH, informatique, comptabilité... Des synergies qui offriraient de belles économies. Elles auraient en outre l'entière maîtrise du budget et de la stratégie. Ce qui constitue le coeur d'un conflit interne qui empoisonne les chambres. Car malgré le vote du mois dernier, plusieurs d'entre elles sont toujours farouchement opposées à la régionalisation. «Nous avons compris que ce projet visait à affaiblir très nettement le seul niveau opérationnel de notre réseau, à savoir celui des CCI locales», expliquent-elles. Et de redouter que ce projet ne supprime «la valeur ajoutée des CCI locales qui ne sont plus positionnées pour ce qu'elles sont: les interlocuteurs quotidiens des entreprises et les acteurs majeurs du développement économique». Bref, malgré le vote du mois dernier, chacun campe encore sur ses positions... et affûte ses armes. D'ici au vote du Parlement, les machines à lobbying vont ainsi se mettre en action.