Chambres de commerce : La réforme est en marche
# Conjoncture

Chambres de commerce : La réforme est en marche

Pressées par le gouvernement de se réformer, les CCI françaises ont formulé un voeu qui prévoit de renforcer l'échelon régional.

Annoncé comme épique - «on n'est pas au PS mais presque» soulignait un président de chambre avant l'élection - le vote des CCI sur le projet de réforme des organismes consulaires s'est finalement mieux passé que chez les socialistes. Réunis le 25novembre à l'Espace Champerret, à Paris, 165 présidents (soit la quasi-totalité des CCI de France) étaient appelés à se prononcer à main levée sur un document de synthèse. Un texte devant répondre à la pression du gouvernement qui, avant la fin de l'année, veut changer en profondeur le fonctionnement des chambres. Avec, à la clef, l'objectif avoué de réaliser des économies. Ce texte, qui a été adopté par les deux tiers de l'assemblée - soit une majorité confortable - prévoit de retenir les CRCI (échelon régional) comme grands collecteurs de la TATP. Aujourd'hui, ce sont en effet les CCI départementales qui recueillent auprès des entreprises de leur circonscription la taxe additionnelle à la taxe professionnelle, principale ressource des chambres. Les CRCI se verront en outre devenir l'employeur de tous les salariés des chambres locales. De quoi faire d'elles des interlocuteurs de poids dans le paysage économique français. Ce qui n'est pas vraiment le cas aujourd'hui. Et les CCI locales dans tout ça? Si elles ne collectent plus la TATP et qu'elles n'ont plus la mainmise sur leurs salariés, ont-elles encore un avenir? Oui affirment les présidents de CCI. Car le texte prévoit également de maintenir le statut d'établissement public des CCI départementales. Un statut qui leur permet aujourd'hui de gérer organismes de formation, ports, aéroports...




Six CCI bretonnes votent oui

Une CRCI renforcée, des CCI locales maintenues dans leur statut, pas sûr que le gouvernement accepte un projet en l'état. Car où sont, dans ce projet, les économies? C'est la raison pour laquelle, toujours dans le texte de synthèse, les présidents ont également validé l'idée de revoir, à chaque mandature, le nombre de CCI par région. Une porte ouverte à la suppression annoncée de chambres locales, et donc l'instauration d'une nouvelle carte consulaire. Ce que souhaite le gouvernement. En Bretagne, six CCI sur huit ont voté en faveur de ce texte. Les deux qui ont voté contre? Quimper et Brest. À Rennes, Guy Canu s'est donc lui exprimé pour. D'abord parce que, dans une économie mondialisée, il juge évident d'avoir un échelon régional fort. Et puis aussi parce que, selon lui, «les entités locales, même si elles doivent être recentrées, doivent garder un statut d'établissement public pour servir de corps intermédiaire entre l'économie d'un côté et, de l'autre, les collectivités territoriales et l'État». On verra désormais dans les prochains jours si l'exécutif lui donne raison. Un projet de loi est en effet prévu pour le début de l'année. Et le 9décembre, à Paris, François Fillon et Christine Lagarde seront présents lors de l'Assemblée des chambres françaises de commerce et d'industrie (ACFCI). Le Premier ministre et la ministre de l'Économie auront, d'ici là, pris connaissance du voeu des chambres consulaires. En tiendront-ils compte? Réponse dans les jours qui viennent.

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