CGPME : L'autre patronat fait avec les moyens du bord
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CGPME : L'autre patronat fait avec les moyens du bord

PATRONAT La CGPME s'accroche à son identité patrimoniale, refusant la fusion avec le Medef. Dans le Morbihan, les jeunes sont petit à petit mis en avant.

Des moyens anémiques, le Medef qui lui met la pression. Et pourtant, la CGPME se cramponne à son identité patrimoniale. Alors qu'au niveau national, Laurence Parisot estime qu'il est temps d'absorber cette éternelle organisation dissidente, la CGPME Bretagne vient de nouveau de changer de tête. Jacques Devaux a rendu le flambeau au Brestois Lucien Traon. Épuisé par les allers-retours d'un bout à l'autre de la Bretagne et les rivalités latentes entre Finistériens et Rennais. Jacques Devaux reprend ainsi complètement les rênes de la CGPME Morbihan. Département où l'animation du réseau n'est plus exclusivement le fait de chefs d'entreprise à la retraite - même si c'est le cas de Jacques Devaux, 67 ans.




Nouvelles têtes

Des nouvelles têtes et quelques jeunes pointent même le bout de leur nez. Comme Arnaud Guillon et sa société d'évènementiel SB Events à Vannes. Ou l'infographiste Alexandra Keraudran et sa structure Le Galet de Sable à Kervignac. Il faut dire que Pierre Moins, dynamique sergent recruteur issu de la FFB est passé par là comme secrétaire général régional de la CGPME. Même s'il est déjà sur le départ, désormais en pleine création de sa propre entreprise. «On repart dans le bon sens, en refortifiant les départements», remarque Pierre Moins. «La CGPME a une vraie légitimité, elle a devant elle une véritable autoroute syndicale, même si, pour commencer, elle ne va peut-être pas faire du 130 kilomètres/heure...» Financièrement, la CGPME revient de loin. «Il y avait 30.000euros de dettes quand je suis arrivé», remarque Jacques Devaux. Le déficit a été ramené à 16.000euros, avec 7.000euros de trésorerie, et le conseil régional vient même de consentir à effacer l'ardoise de la CGPME 56. En échange, 33% des cotisations départementales remonteront désormais à la région, seules les cotisations de branche seront sanctuarisées. Aujourd'hui, le budget de la CGPME Morbihan n'est que d'environ 40.000euros pour 2012, alimenté à 80% par les adhérents et à 20% par les cotisations des branches. Avec pas plus de 150 membres, l'effectif est pour l'instant chiche. «On va essayer, on va augmenter le nombre d'adhérents», tente de se convaincre, insistant, Jacques Devaux. «Côté branches, nous avons les hôteliers-restaurateurs avec l'Umih, l'hôtellerie de plein air, les laboratoires biologiques qui sont à 80% chez nous...»




Négociations en cours

Des négociations sont en cours avec les pêcheurs ou la Fédération française du bâtiment mais, là encore, le contexte national n'est pas favorable. Sur les traces de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) qui a suspendu sa contribution de 150.000euros, c'est désormais la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) qui menace de faire sécession. «L'UIMM ne cotise pas dans le Morbihan à la CGPME, c'est d'ailleurs moi qui les avais empêchés de le faire à l'époque où j'étais président du Medef», signale Jacques Devaux, pour qui les relations compliquées entre le Medef et la CGPME relèvent avant tout d'un «problème existentiel. Le Medef considère qu'on n'existe pas. Pourtant, nous sommes bien là, entre eux et l'UPA des artisans.» Avec comme véritable objectif stratégique d'occuper le plus de mandats possibles aux prud'hommes, à la médiation du crédit, à la Caf, à l'Urssaf... D'ici à deux ans. Date annoncée du départ de Jacques Devaux.

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