C'est l'exemple type de la fausse bonne idée. Au départ, il y a un projet de loi, présenté cet été en conseil des ministres par Benoît Hamon, qui porte sur le développement de l'économie sociale et solidaire (ESS). Au final, des entrepreneurs furieux, qui pointent du doigt une méconnaissance grave de leurs problématiques. En cause, la création d'un nouveau droit d'information préalable des salariés de PME en cas de tranmission de l'entreprise (lire page 24). Permettre aux salariés de formuler une offre de reprise pour ne pas « laisser des entreprises en bonne santé disparaître » : l'objectif affiché est on ne peut plus louable. En Midi-Pyrénées, on estime par exemple à 24.000 le nombre d'entreprises à reprendre chaque année. Sauf que les conséquences d'une telle mesure semblent avoir été bien mal appréciées... « L'enfer est pavé de bonnes intentions et là, on y va tout droit », ironise un dirigeant d'une PME toulousaine en cours de cession, qui qualifie le projet d'« au mieux impossible à appliquer, au pire contre-productif », tandis qu'un second interviewé souligne qu'« une reprise d'entreprise ne se prépare pas en deux mois », que « si un profil de repreneur potentiel se dégage parmi les salariés, bien sûr qu'on discute du projet avec lui bien en amont » ou encore que « ce genre d'opération exige de la discrétion » et qu'« un deal n'est certain que lorsqu'il est signé ». De même qu'un projet de loi n'est certain qu'une fois adopté et la loi @email
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