Ceser : Voix de la société civile ou institution sans intérêt ?

Ceser : Voix de la société civile ou institution sans intérêt ?

Jean-Louis Chauzy a été reconduit à la tête du Conseil économique, social et environnemental régional, qu'il préside depuis 21 ans. Une institution controversée...

Dès qu'il est question du Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser), les avis divergent. Et ce quelle que soit la région. Poumon de la démocratie locale pour certains, instance coûteuse et inutile pour d'autres. Encore faut-il savoir de quoi il s'agit ! Pour rappel, 119 membres composent le Ceser dans chaque région. Ils représentent la société civile (patronat, syndicat, association, universitaire, etc.) et sont nommés par le préfet pour une durée de six ans. C'est d'ailleurs en octobre qu'ils ont été renouvelés. En Midi-Pyrénées, l'assemblée a ainsi été remaniée et a fait place à de nouveaux venus (45 %). Elle est divisée en trois collèges de 38 membres chacun (entreprises et activités professionnelles non salariés ; organisations syndicales représentatives des salariés ; organismes et associations concourant à la vie collective) et d'un quatrième, regroupant cinq personnalités dites qualifiées. En général, les noms proposés par les organisations et associations sont validés par le préfet. Fait important : les membres du Ceser ne sont pas bénévoles et le montant de leur indemnité varie selon l'assiduité et la fonction. « Je touche 1.400 € par mois au titre de ce mandat », confie l'un de ses membres, qui souhaite garder l'anonymat. Et se dit d'ailleurs surpris par le montant de l'indemnité, qu'il juge lui-même très élevée, bien que « le travail exigé n'est pas négligeable. Si l'on est assidu, bien sûr... »Ce travail justement, en quoi consiste-t-il ? Le Ceser est organisé en six commissions (aménagement du territoire ; activités économiques ; recherche, transfert, innovation, énergie ; affaires sociales et culturelles...) qui élaborent des projets d'avis sur différents thèmes à partir d'auditions diverses et de rencontres sur le terrain. En 2013 ont notamment été adoptés des avis sur « l'accès à l'emploi durable en Midi-Pyrénées » ou sur « l'avenir des politiques territoriales de la Région Midi-Pyrénées ». Ces avis consultatifs sont ensuite remis au Conseil régional et son président. Côté présidence justement, celle du Ceser Midi-Pyrénées a de nouveau été confiée, pour trois ans, à Jean-Louis Chauzy. Unique candidat à sa propre succession, il a été élu, le 13 novembre dernier, avec 90 voix sur 116 votants. Une fonction qu'il connaît bien puisqu'il l'occupe depuis 1992. Homme de la situation pour certains, incapable de passer la main pour d'autres, Jean-Louis Chauzy est, comme l'institution qu'il préside, assez controversé... Dans son discours lors de l'assemblée d'installation du Ceser, il s'est en tout cas dit prêt à aborder ce nouveau mandat avec « détermination » et « énergie » pour « mettre en oeuvre nos décisions, défendre nos idées et nos valeurs en toutes circonstances ! »