Quand à l'automne dernier, la TPE toulousaine Vodea a voulu tester un des équipements - un boîtier doté d'une caméra et d'un modem satellite destiné à être embarqué sur avion militaire -, la nouvelle plate-forme d'essais du Cnes est apparue comme la solution idéale. « Après avoir signé un document de spécification de moyens et la charte du Cesars, nous avons proposé un scénario de tests, que le Cnes a affiné, raconte Gilles Leroy, directeur commercial de Vodea. Les tests ont duré deux jours, accompagnés par des experts du Cnes. » Un service entièrement gratuit. « Sans ce support, nous aurions dû faire ces tests à Paris chez un industriel aéronautique, ce qui prend du temps et coûte cher, ou nous aurions dû demander à notre client de nous aider à tester sur ses moyens... Pas terrible sur le plan commercial », rajoute Gilles Leroy, qui estime que ces tests réalisés au Cnes lui ont même « ouvert les portes chez des clients. » Projet soutenu par trois organismes financeurs (Cnes : 1,3 M€, Région : 1 M€ et Toulouse Métropole : 700 K€) dès 2008, le Centre d'expertise et de support pour les usages en télécommunications par satellite (Cesars) a mis plusieurs années pour être véritablement opérationnel, ses moyens devant être rénovés et complétés. Son inauguration le 2 juin dernier par Marc Pircher, directeur du Cnes Toulouse, Martin Malvy, président de Région et Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, est l'occasion d'un lancement officiel. L'objectif du Cesars est double : développer l'usage des télécoms spatiales et favoriser le développement de nouveaux services par l'utilisation des technologies spatiales. « Un euro investi en télécoms génère 20 euros de retombées économiques, rappelle Philippe Escudier, chargé du développement des applications spatiales au Cnes. Pourtant, ce potentiel est très largement inexploité par les entreprises. » Facilitateur, le Cnes met à disposition ses experts dans l'analyse des besoins et la recherche de solutions techniques, des moyens pour tester des équipements et faire des démonstrations.
10 jours gratuits par an et par utilisateur
Qui sont les clients du Cesars ? Toute entité française, PME, industriel, collectivité, ministère. Les entreprises midi-pyrénéennes bénéficient néanmoins d'un accès privilégié, étant donné l'implication financière régionale. Ces clients ont dix jours de support gratuit par an. Seule contrepartie : rédiger un bilan sur leur expérience du Cesars pour que le Cnes ait un retour d'utilisation. « Nous allons voulu que ce service se caractérise par une grande simplicité, tient à souligner Sandrine Lafont, chef de service applications télécoms et réseaux. L'organisme nous soumet une demande de support par e-mail, l'accord se conclut rapidement. Par ailleurs, le client n'est pas obligé de partager sa propriété intellectuelle et le Cnes s'engage à la discrétion. »
Tests ou conseils, une variété de situations
Une dizaine d'utilisateurs a déjà expérimenté le Cesars, dont la moitié sont des PME. « On a eu une PME du Tarn qui voulait des conseils sur des offres d'accès internet, une PME parisienne qui a testé une transmission satellitaire pour un service de téléconsultation en psychiatrie, ou encore l'université de Clermont-Ferrand désireuse d'évaluer la possibilité de déployer sur site isolé un système de transmission de données par satellite alimenté en panneaux solaires », énumère Denis Baron, chef de projet Cesars. Jusqu'à présent, aucun client n'est allé au-delà des dix jours gratuits annuels. Maintenant, les porteurs du projet espèrent accueillir un maximum d'utilisateurs. « Non, le spatial n'est ni cher ni compliqué ! assure Denis Baron. Il faut démocratiser cet usage dans les entreprises, source de développement de l'activité économique. »
Cesars
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