Tout le monde ne le sait peut-être pas, mais le dernier créateur français de déguisements est basé... à Saumur. Créée il y a plus de 150 ans, l'entreprise César qui a connu des difficultés ces dernières années avec une mise en redressement judiciaire en 2011 qui s'est accompagnée d'une restructuration (l'effectif français est passé de 57 à 30 salariés), a renoué avec les bénéfices depuis deux ans.
L'abandon des licences pour vendre sous la marque César
Frédéric Delaunay, le directeur financier du groupe a le sourire à quelques jours de Noël, une période durant laquelle César réalise 60 % de son chiffre d'affaires. Un chiffre passé de 10 M€ en 2012 à 3,8 M€ au 31 mars 2014. « Mais aujourd'hui, nous gagnons de l'argent ! Notre résultat net sur le dernier exercice est de 240.000 €. » L'explication ? « Jusqu'en 2011, César travaillait essentiellement sous licence, Marvel, Mattel, Spiderman, un peu Disney... ce qui apportait du volume et du chiffre d'affaires, mais peu de marges au vu des garanties et royalties très fortes demandées notamment par les licences américaines. Nous étions devenus trop dépendants. » En 2012, César choisit d'abandonner les licences, même si elle en a conservé quelques-unes, pour se recentrer sur son coeur de métier : vendre des déguisements sous sa marque César. Cette même année, elle ferme son siège social parisien qu'elle transfère sur son site historique de Saumur. Sortie de période d'observation, l'entreprise bénéficie depuis février 2013 d'un plan de continuation.
1/4 des ventes sur Internet
Avec 1.500 références (déguisements enfants et adultes), le groupe qui emploie aujourd'hui 650 personnes - 600 dans son usine textile de Madagascar, 30 à Saumur et 20 sur son site logistique espagnol - se positionne sur le moyen/haut de gamme. Et propose des tarifs bien inférieurs à ceux des produits de licence... On trouve ses costumes dans les magasins spécialisés (jeux et jouets), en vente directe dans sa boutique saumuroise, en GMS (pour qui elle continue à produire quelques pièces à façon) et sur son site internet dédié : Festiveo. « Internet représente actuellement 1/4 de nos ventes », souligne Frédéric Delaunay. Les musts ? « Les robes de princesses pour les petites filles et les tenues de chevalier, shériff et pompier pour les garçons.» Logique.
Des contacts avec Disneyland Paris
Le leader français du déguisement créé trois collections par an : pour le carnaval (25 % du CA), Haloween (15 %) et Noël. Tout est conçu à Saumur par une styliste. Une équipe de création est également présente à Madagascar, un site qui a une capacité de production de 1 million de costumes par an. Le groupe, qui fait 10 % de son activité à l'international sur le Benelux, la Péninsule Ibérique et l'Italie, affiche des ambitions à l'export, notamment sur l'Allemagne. « C'est l'un de nos axes de développement, annonce Frédéric Delaunay. Mais il y a aussi un grand marché en France, nous le constatons avec une bonne année 2014, tirée notamment par Haloween qui a très bien fonctionné cette année. » En attendant les chiffres de Noël, le fabricant travaille à un nouveau projet : « Nous sommes en contact avec Disneyland Paris pour la création d'une collection de costumes à thème. » Une gamme prestigieuse qui serait vendue dans l'enceinte du parc d'attraction de Marne-La-Vallée. Et surtout, une belle opportunité pour celui qui se qualifie « d'empereur français du déguisement » de poursuivre sur le chemin de la croissance retrouvée et de continuer à faire rêver petits... et grands.
Cesar
(Saumur) Dirigeant : Daniel Velasco CA au 31 mars 2014 : 3,8M€ Résultat net : 240.000 €
650 personnes, dont 30 à Saumur www.cesar-group.fr