En seulement deux ans, l’entreprise Artyfêtes Factory, spécialisée dans les articles de fête, a réussi à presque doubler son chiffre d’affaires, passant de 8 à 15 millions d’euros entre 2021 et 2023. Son effectif est aussi passé de 24 à 34 salariés sur la même période. Pour être en capacité de répondre à la demande croissante des clients, l’entreprise a construit un nouveau bâtiment plus grand à Verson. Un investissement de 7,5 millions d’euros financés à la fois par fonds propres (2 millions d’euros), par prêts bancaires, et une aide de Caen la Mer et la Région Normandie.
Management de transition
Pour mieux structurer son hypercroissance, l’entreprise a fait appel au Cabinet parisien Delville Management, spécialisé dans le management de transition. Pour les co-gérantes, Anne-Sophie Rouillé et sa mère, Annie Rouillé, cet accompagnement était devenu nécessaire. "Je ne savais plus par où commencer, on courait d’un bout à l’autre de l’entreprise. Les employés étaient tous à 200 %, travaillant sans relâche pour répondre à la demande croissante. Le manager de transition nous a permis de prendre de la hauteur et de voir ce qui manquait dans notre organisation interne. Il a pris en charge les fonctions de directeur général et directeur commercial et nous a accompagnés pendant neuf mois", explique Annie Rouillé, qui a créé l’entreprise. Une dizaine de personnes ont ainsi été recrutées dans l’entreprise, notamment à des postes stratégiques tels que chef de produit, et directeur commercial. "Ils nous ont aidés à mettre en place des processus plus clairs, créer des tableaux de bord analytiques pour une meilleure visibilité des performances et organiser des réunions commerciales hebdomadaires."
Transformation des prospects en clients
"Le cabinet a aussi analysé le taux de transformation des prospects en clients, ce qui nous a permis d’identifier les points faibles de notre argumentaire commercial", reprend Annie Rouillé. L’accompagnement a également consisté à suivre le nombre de nuits passées par les commerciaux sur la route, révélant que certains restaient trop souvent près de chez eux, ce qui limitait leur capacité à développer de nouveaux clients. "Grâce à ces analyses, nous avons pu réajuster nos stratégies et améliorer notre efficacité commerciale", assure la dirigeante.
Une capacité de stockage de 6 000 palettes
Outre les nouveaux défis organisationnels à relever, cette expansion a mis en évidence une capacité de stockage insuffisante pour l’entreprise. "Nos bureaux et notre surface logistique étaient devenus beaucoup trop petits. Nous étions six ou sept par bureaux, cela n’était plus tenable pour travailler efficacement", confirme Anne-Sophie Rouillé, directrice artistique, cogérante de l’entreprise. Le nouveau bâtiment affiche une surface de 7 550 m², dont 6 000 m2 de stockage, 500 m2 de bureaux et 550 m2 de showroom. "Aujourd’hui, nous pouvons stocker 6 000 palettes, alors que nous étions limités à 600 auparavant et nous étions obligés de stocker des palettes chez des prestataires logistiques extérieurs. Tout est rapatrié sur le site de Verson à présent", précise-t-elle encore.
De commerçant à créateur et importateur
L’aventure d’Artyfêtes a démarré en 1986 lorsqu’Annie et Thierry Rouillé, ouvrent à Caen, une petite boutique de 50 m² de location de déguisements et de vente de cotillons, farces et attrapes et accessoires festifs pour les particuliers. L’activité prend vite de l’importance et en 1991, les dirigeants choisissent de devenir grossistes. La société devient Artifêtes Diffusion pour ne plus distribuer qu’aux professionnels. En 1999, la société franchit une nouvelle étape de son développement avec l’importation de son premier container de cotillons en provenance d’Asie. Devant le succès de cette première importation, l’entreprise passe de grossiste à importateur. En 2012, l’aventure familiale prend un nouveau tournant avec l’arrivée dans la société des deux filles de la famille, Angélique et Anne Sophie. En 2014, Artifêtes Diffusion crée sa propre marque "Artyfetes Factory". "Les collections sont créées et imaginées en interne, dans nos locaux, et sont fabriquées chez nos fournisseurs en Asie". L’entreprise compte à présent plus de 7 000 références et parmi ses principaux clients, Truffaut, Cultura, Jour de Fête, Centrakor, BHV au Marais…
L’entreprise ambitionne de se développer à l’export qui ne s’élève aujourd’hui qu’à 10 % du chiffre d’affaires, principalement en Belgique et Luxembourg. "L’idéal serait de le doubler et de s’élargir à d’autres pays. Nous allons engager un véritable travail de fond sur le sujet", avance Anne-Sophie Rouillé.