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Ces entreprises qui partagent pour créer du business
Bordeaux # Réseaux d'accompagnement

Ces entreprises qui partagent pour créer du business

Partager des bureaux, des compétences, son carnet d'adresses pour grandir, se développer, créer du business, une tendance de fond. À Bordeaux, autour de cette idée d'intelligence collective, de nombreuses initiatives ont vu le jour.

Partage, intelligence collective, travail collaboratif, réseau, mise en relation. Autant d'expressions ou de concepts que tout à chacun peut lire un peu partout dans un monde de l'entreprise bouleversé dans ses façons de travailler et de développer son business par le numérique. Jamais l'expression " Ensemble on est plus fort " n'a d'ailleurs été aussi prégnante dans ces nouvelles façons de travailler car beaucoup l'ont compris : du partage naît souvent de bonnes idées qui peuvent déboucher sur de nouveaux business. À Bordeaux, autour de cette idée du partage et de l'intelligence collective, de nombreuses initiatives ont vu le jour, impulsées à la fois par le public et le privé.

Château numérique : partage et bonne humeur

« À l'origine, cette idée d'être tous réunis dans un même lieu c'est venu d'une visite de l'ancienne ministre Fleur Pellerin à la future Cité numérique, c'était en 2013 », explique Laure Courty, la dirigeante de Jestocke.com. Cette start-up bordelaise de l'économie collaborative qui propose un service de garde-meubles et stockage entre particuliers, partage des bureaux avec cinq autres start-up - Yescapa, Marbotic, Samboat, RocketFid et Mesoigner.fr. - dans une belle demeure bourgeoise de Bègles qu'ils ont surnommée le Château numérique. « Quand nous avons dû quitter le Tripo de la Cité numérique pour cause de travaux, nous avions tous envie de rester ensemble. Quand vous partagez des bureaux au quotidien, des synergies se créent entre les dirigeants et aussi entre les équipes. Les gens discutent, partagent leurs expériences, leurs compétences aussi. On s'échange les bons plans, les bonnes adresses, les fichiers presse, on fait de la recommandation entre nous... C'est une vraie aventure humaine aussi. Des liens d'amitié très forts sont nés. Cette intelligence collective que nous avions fait émerger, nous voulions la conserver. C'est pour ça que nous avons décidé de continuer à partager nos locaux. »

Depuis juin 2015 donc, tout ce petit monde est installé au Château numérique et constitue une sorte de communauté au sein de laquelle la solidarité est très importante, la transparence également. « Nous partageons tout, même des infos confidentielles parfois car nous sommes convaincus qu'on est plus fort à plusieurs, et que ce qui permet de développer l'un sera bénéfique à l'autre, ajoute Laure Courty. Nous sommes trois (Ndlr : Jestocke.com, Yescapa, Samboat) à avoir levé des fonds auprès de Maïf avenir. Nous l'avons tous fait individuellement mais c'est vrai que nous avons partagé les infos entre nous. Le fonds Maif avenir n'a d'ailleurs pas été insensible, dans sa décision d'investissement, à cet esprit collaboratif. »

Le Village by CA : facilitateur de mises en relation

Autre initiative menée à Bordeaux autour de cette idée de partage, l'ouverture du Village by CA Aquitaine, petit frère du village parisien créé en 2014. Objectif pour la banque régionale : être un facilitateur de mises en relation entre des grands groupes partenaires,- ils sont 13 dont GT location, groupe Patrice Pichet, H & A location, Mazars, Fidal, Sanofi... -, et des start-up du territoire en phase de post-incubation et préalablement sélectionnées par le Crédit agricole. « Nous sommes partis d'un constat assez simple, explique Cédric Vicente, le "maire" du Village by CA. En tant que banque régionale, nous sommes l'interlocuteur privilégié sur le territoire de gens très différents : TPE, PME mais aussi start-up et grands groupes. Pourquoi ne pas les faire se rencontrer dans un lieu dédié et aménagé pour permettre cette rencontre, et peut-être développer du business qui pourra aussi nous profiter en tant que banque. » Les start-up sont choisies sur un critère d'innovation lié à différentes thématiques (tourisme, santé, énergie, immobilier...) et débutent leur développement commercial. En face les partenaires s'engagent à s'investir (conseil, expertise, parrainage...), à ouvrir leur réseau, voire à devenir clients. L'offre du village est donc triple : de l'hébergement, du conseil pratique et technique notamment pour la levée de fonds, et surtout ces fameuses mises en relation.

C'est d'ailleurs ce que viennent chercher les "habitants du village " à l'image d'Alogia, une start-up bordelaise qui propose du conseil en ergonomie. « Nous sommes actuellement en phase de développement commercial et nous avons besoin d'un accompagnement notamment pour lever des fonds, explique Alexandre Petit, son fondateur. C'est une réelle opportunité d'être au village. Quand on est une start-up, c'est parfois difficile de toucher les grands groupes. Être au village nous crédibilise et nous bénéficions de contacts qualifiés. Alogia est d'ailleurs déjà sur le point de signer un accord national avec un partenaire local grâce à une mise en relation via le village. De même pour la levée de fonds, ce sera je l'espère, plus facile de trouver le bon interlocuteur. »

Bordeaux métro Pulse : tester les usages

Dans la même veine mais avec une philosophie un peu différente, Bordeaux Métro Pulse qui a ouvert depuis novembre à Mériadeck, est aussi un exemple de collaboration et de mise en relation de start-up avec des grands groupes. Créé à l'initiative de La Poste, Bouygues Immobilier, Sopra Stéria et Veolia sur le modèle du Tuba à Lyon, Bordeaux Métro Pulse est un laboratoire d'expérimentation de l'innovation grandeur nature. Sous la houlette d'Isabelle Scuiller, cet espace se veut une passerelle, un agent facilitateur entre ces grands groupes et des start-up. L'idée est de leur donner la possibilité d'expérimenter en live auprès des usagers de nouveaux services, produits ou usages autour de thématiques telles que les smart city, l'intelligence des bâtiments, l'internet des objets... Le lieu propose notamment des démonstrations, des speed dating, des sessions de testing.

« Les grands groupes sont très conscients qu'ils doivent réinventer leurs métiers, qu'ils doivent proposer de nouveaux services or ils n'ont pas forcément l'expertise en interne. Travailler avec les start-up permet d'être à l'affût des innovations », conclut Isabelle Scuiller.

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