Jean-Marc Ayrault a annoncé que le CEA allait expérimenter un nouveau dispositif à Nantes, Bordeaux et Toulouse, pour « offrir aux PME régionales des compétences technologiques ». Comment va fonctionner ce dispositif ?
Le dispositif proposé est très simple. Il s’agit de plates-formes régionales de transfert technologique. Ou bien une PME s’adressera directement à la plate-forme régionale de transfert technologique que, avec les établissements de recherche partenaires locaux qui le souhaiteront, le CEA aura créé sur les sites en question en détachant des ingénieurs-chercheurs spécialistes de l’intégration de technologies génériques dans de nouveaux produits ou procédés, technologies que le CEA a développés et maîtrise. Ou bien ces experts iront au-devant de ces entreprises avec l’aide, par exemple, des unions professionnelles locales. De cette rencontre, naîtra une connaissance et compréhension mutuelle des attentes des uns et des potentialités des autres. Si un intérêt réciproque se manifeste, les ingénieurs-chercheurs du CEA et les responsables de l’entreprise élaboreront alors un projet d’innovation s’appuyant sur l’intégration en question. Un contrat sera alors conclu entre les deux parties avec un calendrier précis de réalisation. La proximité géographique facilitera la réalisation matérielle de ce projet. Celui-ci appellera un travail commun pour mettre au point une démonstration aussi rapide que possible de la faisabilité et des performances de l’objet ou du procédé envisagé et leur optimisation. Les maîtres mots de ces plates-formes sont simplicité d’accès et réactivité.
Quels domaines de recherche seront concernés ?
Les domaines de recherche technologiques qui seront concernés sont les domaines d’excellence du CEA. Ils relèveront des énergies nouvelles (stockage de l’électricité et de la chaleur, efficacité énergétique, intégration des énergies renouvelables, gestion optimisée de l’énergie pour les transports et le bâtiment, etc.), des nouveaux matériaux, de la santé, de l’environnement, de la gestion de l’information numérique et des technologies de la communication. Ce sont ces technologies que l’on appelle « diffusantes » et que l’on doit désormais combiner au grès des besoins d’innovation pour conquérir de nouveaux marchés.
Quand le dispositif deviendra-t-il opérationnel ?
On devrait commencer au premier trimestre 2013 avec une montée en puissance au fur et à mesure des besoins des projets qui seront retenus entre le CEA et les entreprises.
Combien de chercheurs vont s’installer dans chacune des trois villes ?
Au début, s’installeront deux dizaines de chercheurs. L’effectif atteindra ensuite sur chaque site entre cent et deux cents personnes en régime de croisière.
Savez-vous d’ores et déjà dans quels lieux seront installées les trois implantations du CEA ? En Gironde où le CEA est déjà implanté, la plate-forme sera-t-elle liée au site de Cesta ?
Ce sont aux collectivités et aux acteurs locaux d’en décider. La cible, ce sont des zones où sont déjà implantées des entreprises avec une forte culture d’innovation. En Aquitaine, la plate-forme sera reliée au site du Cesta, mais n’y sera sans doute pas physiquement.
Quel niveau d’investissement cela représente-t-il pour le CEA ?
L’investissement dans l’innovation n’est pas seulement celui du CEA. Il est aussi celui des collectivités territoriales et des entreprises locales. La mise initiale sera de quelques millions d’euros et ira en croissant au fur et à mesure du développement des projets.
Quels sont les objectifs du CEA ?
Il s’agit d’aider à créer de l’emploi durable dans les entreprises locales, de les aider à consolider leurs succès techniques et commerciaux et à conquérir des marchés nouveaux par leur investissement dans l’innovation. Le CEA a-t-il déjà pratiqué ce type d’échanges avec les PME ? Oui, nous le pratiquons de longue date à Grenoble et plus récemment à Saclay et Cadarache.
Le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) va créer en 2013 des plates-formes de transfert technologique à Nantes, Bordeaux et Toulouse qui emploieront chacune en vitesse de croisière entre cent et deux cents chercheurs. Ces plates-formes permettront aux PME régionales d’accéder aux savoir-faire de cet organisme public doté de 4,3 milliards d’euros de budget et qui emploie 15.000 collaborateurs répartis sur douze sites en France. Administrateur général du CEA, Bernard Bigot dessine, pour le Journal des entreprises, les contours du nouveau dispositif.