Créée il y a plus de 60 ans, la Compagnie des dirigeants et acheteurs de France (CDAF) est une association qui regroupe plus de 1.600 membres actifs en France dont 350 en Rhône-Alpes. Ses missions principales? Promouvoir la fonction achat, oeuvrer pour la professionnalisation de cette fonction et informer ses adhérents sur des thématiques d'actualités. Le 16mars, dans le cadre de sa mission d'information, le CDAF a convié ses adhérents rhônalpins dans les locaux de la CCI pour une conférence sur le thème: «Économie mondiale: quels sont les impacts sur les matières premières et sur les entreprises de la région?» Animée par l'économiste et conseil en stratégie d'entreprises, Jean-Claude Briaud, cette conférence a permis de mettre en lumière les diverses raisons qui ont conduit à la crise, l'absence de volonté réelle du G20 pour réguler les marchés, la pression des dits marchés sur les États endettés et surtout le rôle des acheteurs dans le système actuel.
Conscience stratégique
«Tant que la spéculation est tournée vers la réduction des dettes publiques, elle reste moins forte sur les matières premières. Les hausses actuelles relèvent donc plus du rattrapage des dernières années que de l'enclenchement de la séquence haussière provenant du décalage ressources-demandes qui devient le contexte des années à venir», a exposé Jean-Claude Briaud. Et de poursuivre: «Le problème, c'est que l'acheteur fait le jeu de l'actionnaire et du financier. Quand il cherche à réduire ses coûts, qu'il demande à son fournisseur de lui faire 10% de moins que l'année dernière, qu'il se met à faire de l'outsourcing... Il ne réalise que la réduction des coûts de son entreprise, c'est-à-dire l'amélioration de son EBE et au final de sa profitabilité. Profitabilité qui ensuite ne repart pas dans la recherche ou dans l'autofinancement mais qui est redistribuée en dividendes». Les solutions pour sortir de cette spirale? «Les acheteurs doivent se doter d'une conscience stratégique. Ils doivent certes faire fonctionner le système, mais pas en rentrant dans une logique de réduction de coûts, pas en affadissant les relations avec le fournisseur. Ils doivent s'appuyer sur une stratégie de partenariat à long terme, rentable pour l'entreprise et ses fournisseurs et construite autour d'une croissance partagée et mesurée, obtenue avec le minimum d'externalités négatives (énergie, rejet, chômage). Cela passe par l'innovation technologique et écologique tout le long de la chaîne de valeur», argumente Jean-Claude Briaud. Souhaitons qu'il sera entendu!
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À la demande de la CDAF, l'économiste Jean-Claude Briaud est venu à Saint-Étienne pour expliquer l'impact de l'économie mondiale sur le prix des matières premières.