L'année 2012 est historique à double titre en terme d'aménagement commercial. Avec un pourcentage d'accord favorable de 100 %, la CDAC des Côtes-d'Armor a fait preuve d'une grande mansuétude qui démontre que les velléités de réforme de l'ancien système n'ont finalement pas porté leurs fruits. Jamais dans l'histoire des feu CDEC, le taux de dossiers validés n'avait atteint de tels sommets. Si 2011 avait semblé marquer le retour à un niveau estimable (78 % de feu vert), le cru 2012 s'inscrit dans la lignée des millésimes 2009 (95,8 %, première année post-réforme) et 2010 (96,8 %).
Le cas d'école du Leclerc de Pluduno
« On peut aujourd'hui clairement se poser la question de l'intérêt d'une telle structure, confirme un membre de la commission. La place accordée aux élus est trop importante. On les laisse prendre des décisions sans réellement avoir entre leurs mains les outils nécessaires, en terme d'impact commerciales ou de zone de chalandise, pour mesurer les conséquences de leurs décisions. » L'exemple du projet de Leclerc à Pluduno symbolise cette réflexion. Validé en CDAC, le projet de création d'un supermarché de 2.500 m² a été retoqué en commission nationale d'aménagement commerciale après un recours du concurrent Hyper U de Plancoët. Une décision qui n'a pas été du goût des élus locaux, argumentant sur la diversité commerciale profitable aux consommateurs.
Une année finalement pauvre en projets majeurs
Mais 2012 restera également comme une année historique en terme de quantité de mètres carrés accordés. Après 36.000 m² validés en 2009, 31.936 en 2010 et 25.740 en 2011, le niveau chute de près de 40 % l'an passé pour s'établir à 15.988 m². Un niveau anormalement bas qui s'explique à la fois par le peu de dossiers présentés (19 contre près de 25 par le passé) mais aussi par un contexte général de repli d'aménagement de nouvelles zones commerciales. Soucieuses de ménager leurs finances, de nombreuses collectivités ont stoppé les créations de nouvelles zones privilégiant la réhabilitation de l'existant. « Et puis il ne faut pas oublier une chose. Il n'est plus nécessaire de passer en CDAC pour des projets inférieurs à 1.000 m², contre 300 m² auparavant. Beaucoup se sont engouffrés dans cette brèche. »
Peu de projets d'aménagement de zones à venir
Dans le détail, c'est la zone commerciale de Ploumagoar, en bordure de la RN 12, qui affiche le dynamisme le plus fort. 800 m² pour Jouéclub, 452 m² pour Pulsat et 68 m² pour la Ferme de Kerlabo. Derrière on retrouve la locomotive de l'Escale à Langueux qui enregistre des accords favorables pour l'implantation d'un Max Plus (898 m²) et d'un ensemble commercial avec l'enseigne Orchetra en tête de liste (1.645 m²). Côté grande distribution, les projets se font de plus en plus rares et restent la chasse gardée des indépendants. Ainsi Système U met à son crédit deux extensions à Trégastel (650 m²) et Merdrignac (563 m²) contre une seule pour Intermarché à Minihy-Tréguier (873,10 m²). De son côté, Leclerc tente en vain pour l'heure de poser un pied à Pluduno avec un navire de 2.500 m². À Loudéac, la zone de Ker d'Hervé ne fait plus autant recette que les années passées (un seul dossier présenté alors qu'il reste encore plusieurs terrains vacants), tout comme Lanvallay et sa locomotive Super U qui ne font plus rêver les investisseurs. « Nous sommes rentrés dans un cycle de prudence immobilière... à l'image de toute la filière du BTP. »
Aménagement commercial La totalité des dossiers présentés en CDAC au cours de l'année 2012 a reçu le feu vert de la commission départementale. Une bienveillance qui contraste au final avec le peu de mètres carrés, 16.000 m², mis dans la balance.