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n an après la fusion, comment se passe la cohabitation?
Depuis que l'on se réunit avec nos amis de Fougères, il n'y a pas un seul nuage. Pas de divergences entre notre politique et ce qu'ils veulent. Et les trois membres fougerais élus qui ont rejoint le bureau se sont très bien intégrés. On ne parle pas de Fougères et de Saint-Malo, on parle de projets de la chambre. Aux assemblées générales, les Fougerais viennent souvent et en nombre. Et dans l'assemblée, je n'ai pas l'impression qu'il y ait les Fougerais d'un côté et les Malouins de l'autre.
Les premiers jours entérinant la fusion furent pourtant difficiles...
Le point d'incompréhension a porté sur le nombre de représentants au bureau. Et la décision ne pouvait être prise par la chambre mais par le préfet. Deux jours après, c'était réglé. Aujourd'hui, je m'entends très bien avec Michel Desroziers (président de la délégation de Fougères, ndlr), avec lequel je suis très ami.
Y a-t-il des différences culturelles entre vous et Fougères?
Oui dans le sens où Fougères n'a pas le même environnement. Nous, on a d'abord une culture portuaire. Le port, c'est 53% de l'occupation du temps et du budget de la chambre. Fougères a une culture industrielle que nous n'avons pas. Et puis ils ont encore plus que nous la notion de proximité avec les entreprises. C'est leur point fort.
Quel est l'objectif principal de la chambre?
Le projet phare est de faire en sorte que les deux chambres aient la même philosophie sur le fonctionnement d'une CCI vis-à-vis des ressortissants. C'est un objectif atteint. Le deuxième point important c'est la proximité des membres des CCI auprès des élus locaux dans les collectivités. On s'aperçoit depuis longtemps qu'on est en concurrence avec les agglomérations et les communautés de communes qui essaient de faire de l'économie. Aujourd'hui, on pourrait faire des économies en travaillant ensemble plutôt que travailler chacun dans son coin.
Comment rapprocher ces deux mondes?
On a nommé à la chambre des élus référents qui ont des contacts avec les élus des collectivités. On en a deux ou trois par agglomération ou communauté de communes. Ça permet d'aplanir nos relations et mieux travailler ensemble.
Pensez-vous qu'il faudrait supprimer la compétence "éco" des EPCI?
S'il n'y avait que moi, oui. Je ne fais pas de politique, mais je pense qu'ils ont des tas d'autres compétences où ils ont la légitimité, comme le social ou les transports. Pour l'économie, les chambres de commerce savent faire des choses, autant s'appuyer sur elles. On s'aperçoit parfois qu'on a des doublons avec des gens chez nous qui sont certainement plus compétents. C'est de la simple logique, du bon sens. Maintenant, nous savons travailler ensemble. À Saint-Malo, la pépinière d'entreprise en est un exemple. Elle appartient à l'agglomération mais c'est nous qui la gérons, et ça se passe très bien.
CCI Saint-Malo Fougères
Président: Youenn Le Boulc'h Budget: 25M€ 210 permanents www.saint-malo.cci.fr