Il a tenu. On parlait de sa candidature depuis plusieurs mois (?Le Journal des Entreprises de septembre?). Alain Daher, ex-président de la CCI des Côtes-d'Armor, a bien été élu président de la Chambre de commerce et d'industrie régionale (CCIR) pour un mandat de cinq ans. La toute nouvelle structure bretonne issue d'une réforme, rappelons-le, voulue par le gouvernement.
Un siège à Rennes mais...
Une élection qui met fin à des mois de polémiques - parfois stériles. Avec des Brestois pugnaces, insistant pour mettre le sujet du futur siège de la CCIR sur la table. Et des Rennais balayant l'idée d'un revers de la main, en tentant de chasser le naturel d'une capitale bretonne jugée parfois condescendante. Avec 51 voix pour sur 57, Alain Daher, patron du groupe automobile Bodemer, a donc fait office de juge de paix. Tout en étant ferme et souple à la fois sur le sujet qui fâche. «Le siège tel qu'il est aujourd'hui doit rester à Rennes. La préfecture, le conseil régional, toutes les grandes directions régionales sont ici. Par contre, tous les services issus de la réforme n'ont pas l'obligation d'être à Rennes», affirme-t-il. Communication, paie, informatique... Les fonctions supports pourraient ainsi être réparties de façon équitable sur le territoire.
«Je m'attendais à des tensions plus fortes»
Alain Daher, un tout nouveau président, donc, qui accède au trône par une voie royale. Aucun autre candidat ne s'est en effet présenté contre lui. Et ce malgré les annonces et rumeurs de ces dernières semaines faisant état d'un concurrent finistérien. Il faut dire qu'avec un appui - pas toujours officiel - de l'Ille-et-Vilaine, du Morbihan et bien sûr des Côtes-d'Armor, la Bretagne occidentale n'avait pas vraiment le choix. À moins d'avoir une âme de kamikaze... Néanmoins, les Brestois ont quand même tenu à ?marquer le coup?, en s'abstenant. D'où les six voix manquantes pour faire l'unanimité. «Je regrette que nous n'ayons pas eu de candidat finistérien, commente Frank Bellion, président de la CCI de Brest. C'est au cours du dernier trimestre 2010, avant les élections territoriales, que les choses auraient dû être calées». Mais d'ajouter «que cette affaire du siège de la CCIR n'est pas terminée». Pour un élu de la CCIR, basé en Ille-et-Vilaine, l'abstenstion brestoise «est un moindre mal. Ils respectent leur position initiale tout en faisant un geste d'ouverture». Et de souligner une élection «très clean.Les Finistériens ont fait preuve d'intelligence pour que ça se passe bien. Je m'attendais à des tensions plus fortes».
1.000 salariés
Avec cette élection, exit donc la CRCI, sorte de ?holding? sans réel pouvoir ni, surtout, maîtrise budgétaire. Place à la CCIR. À compter de 2013, l'ensemble du personnel des CCI territoriales sera rattaché à la chambre régionale. Soit environ 1.000 salariés... aujourd'hui. Car la réforme avait d'abord pour but de faire des économies. Sur ce point, il est toutefois «hors de question que j'engage un plan social», prévient Alain Daher. Des non-remplacements de départs naturels, voilà sa stratégie.
«Nous ne savons pas nous vendre»
Dans deux ans, l'échelon régional devra donc gérer un budget de 50M€, contre dix fois moins aujourd'hui. Les équipements (ports et aéroports) restent toutefois dans le giron des CCIT. Pour ce qui est des actions, Alain Daher a créé une commission Réforme, sorte «d'outil R & D» avec une quinzaine de chefs d'entreprises. Objectif: fixer les dix priorités. Parmi elles: la communication. «Nous (CCI) ne savons pas nous vendre. Mais cela peut changer par une politique de communication plus régionale, pour nous rendre plus lisible.»
Élection Alain Daher, ex-patron de la CCI des Côtes-d'Armor, est le nouvel homme fort du monde économique breton. Élu président de la toute nouvelle chambre de commerce régionale, sa stratégie devra se résumer à un mot: é-qui-libre!