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CCI métropolitaine : Roanne sauve les meubles, Saint-Etienne attend une réorganisation
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CCI métropolitaine : Roanne sauve les meubles, Saint-Etienne attend une réorganisation

Alors que les élections consulaires démarrent dans quelques jours avec une seule liste d'union, Emmanuel Imberton, président actuel de la CCI métropolitaine Lyon - Saint-Etienne - Roanne, et unique candidat à sa succession, a présenté les listes ligériennes. A leur tête : Guy Delorme à Roanne et François Méon à Saint-Etienne. Avec huit postes, la future délégation roannaise a su sauver les meubles et sa représentativité au sein de cette nouvelle CCI au poids démultiplié.

« Nous avions jusqu'ici 24 élus roannais à la CCI. Avec cette nouvelle CCI métropolitaine, nous passons à seulement huit... Il va falloir mouiller la chemise pour faire le boulot ». Sur le ton de la boutade, Guy Delorme, président du tribunal de commerce de Roanne et chef de file roannais de la liste d'union Medef/CGPME pour les élections à la CCI métropolitaine Lyon - Saint-Etienne - Roanne, met en lumière un des points clés du changement d'organisation engendré par cette nouvelle entité consulaire.

Surreprésentation roannaise

La CCI métropolitaine (108.000 entreprises représentant 37,5% de l'emploi en Auvergne-Rhône-Alpes) ne comptera en effet que 100 élus (dont 79 nouveaux arrivants) répartis dans trois délégations : Lyon, Saint-Etienne et Roanne. Le poids de chaque délégation a été calculé en fonction de la pesée économique traditionnelle (nombre de ressortissants, contribution financière). La liste roannaise compte ainsi 8 membres dont 4 directement fléchés vers la représentation à la CCI régionale. Un chiffre supérieur à la stricte pesée économique de l'arrondissement de Roanne. « Il m'a semblé qu'il était important d'être au dessus des minimas pour préserver la place de Roanne dans notre nouvelle institution. Il a fallu discuter en interne car ces postes supplémentaires pour Roanne ont été pris sur la délégation lyonnaise », explique Emmanuel Imberton. « Nous pouvons effectivement remercier Emmanuel Imberton de cet effort. Et n'ayons pas de regret, la CCI de Roanne ne pouvait plus exister seule, de toute façon, en raison des nouveaux seuils fixés par l'Etat. La CCI métropolitaine était la meilleure des options », insiste Jean-Bernard Devernois, actuel président de la délégation de Roanne, jusqu'aux élections de cette fin de mois, et artisan fondateur du projet métropolitain aux côté du Stéphanois André Mounier et du Lyonnais Emmanuel Imberton.

Les représentants roannais dans cette nouvelle chambre seront : Jacques Ducrot (boucherie Ducrot), Jocelyne Panserat (Bonnet Blanchet), Sylvie Kergounou (Sorofi), Marie-Claude Desbenoit (Charlieu chauffage), Gérard Pélisson (Evolutis), Guy Delorme (Société pour l'expansion des Tissus) tête de file, Véronique Madelrieux (Cabinet Ginet et présidente du Medef Roanne) et Sandrine Surget (SCA Production). A noter, la forte présence féminine dans cette liste.

21 représentants stéphanois

A Saint-Etienne, la liste est conduite par François Méon, ex-président de l'UIMM Loire. Elle compte 21 noms (12 présentés par la CGPME, 9 par le Medef- mais un président étiqueté Medef). Huit d'entre eux sont fléchés vers la CCIR. Les candidats sont : Irène Breuil (Ibresens), Alain Grandouiller, Estelle Hulin (Stella), Jérôme Grenier (Grenier Lizon), Olivier Blanc (PTS outillage), Daniel Loctin (Flodan Burge Restauration), Anne-Claire Bonnet (Boutival), François Méon (Ets Méon) tête de file, Annabelle Greco Jauffrey (Chavot), Daniel Villareale (ICE et président de la CGPME Loire), Stéphanie Juhasz ( MRT Juhasz), Isabelle Blachon (MSFS Forezienne), Jean-Jacques Rey (Rey SA), Claude Risac (Casino), Anne Damon (Antares), Alice Nourrisson (Action Com), Philippe David (SCC), David Baldini (Delz1), Sylvie Du Parc (ABC cinéma), Guillaume Beyens (Adista) et Pierre Lardon (Transports Lardon).

"La CCI métropolitaine est comme une start-up dont il faut optimiser le fonctionnement"
Avec des recettes amputées de près de 34% par rapport à 2014, et confrontée à un manque de visibilité face aux autres réseaux d'entrepreneurs (clusters, pôles...), la nouvelle CCI métropolitaine va recentrer son action pour concentrer ses forces. "Nous allons nous resserrer autour notamment du commerce, de l'international, du numérique, de la formation...", annonce Emmanuel Imberton.

Parmi les autres priorités du président candidat, optimiser le fonctionnement de cette nouvelle CCI en organisant mieux sa gouvernance. Une priorité alors que les dents ont régulièrement grincé à Roanne et Saint-Etienne lors de cette première année d'existence, Stéphanois et Roannais se sentant parfois négligés, sans voix au chapitre, avec notamment, des directions de service concentrées à Lyon. "J'habite entre Lyon et Saint-Etienne, je comprends parfaitement la frustration des territoires périphériques à la grande ville. Mon challenge personnel est que tout le monde se sente à l'aise dans cette nouvelle CCI, que tous les territoires profitent pleinement de la dynamique globale", confie Emmanuel Imberton.

"Je vais être complètement transparent. Au début de cette aventure, je souhaitais des directions éclatées. Cela n'a pas été possible, nous avons donc dû concentrer pour une meilleure efficacité. Mais, la CCI métropolitaine est très jeune. Ce modèle de fusion est nouveau. La CCI métropolitaine est comme une start-up dont il faut optimiser le modèle. Nous pouvons encore changer plusieurs fois d'organisation avant de trouver la bonne. Mais il faut que la CCI reste gouvernable, sans bastion réservé". Le président conclut : "Nous devons travailler tous ensemble. D'ailleurs, je tiens à ce que chacun des trois chefs de délégations soient vice-président de la CCI métropolitaine dans son ensemble avant d'être chef du territoire qu'ils représentent".

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