À l'occasion du centenaire de la Chambre de commerce et d'industrie du Pays d'Arles, Francis Guillot, président de la CCI, revient sur l'origine et les enjeux de l'institution arlésienne.
Qu'est ce qui a motivé la création d'une CCI à Arles voici tout juste cent ans ?
Selon nos archives, il semblerait que les chefs d'entreprises arlésiens ne parvenaient que très difficilement à disposer d'élus à la CCI de Marseille. Et lorsque cela arrivait, les débats qui s'y tenaient étaient essentiellement consacrés à la Cité phocéenne. La création du port de Port-Saint Louis-du-Rhône a également contribué à faire émerger une chambre de commerce à Arles.
Quels sont les enjeux actuels de la CCI ?
Il y a tout d'abord une forte demande de développement du trafic fluvial du port d'Arles. Des entreprises de chaudronnerie préféreraient utiliser le fleuve plutôt que la route. Nous allons ainsi lancer un nouvel agrandissement du quai nord de près de 100 mètres. Le Grenelle de l'environnement donne du sens à notre infrastructure fluviale, qui s'inscrit en complémentarité avec Fos-sur-Mer. La formation constitue également l'un de nos axes de développement. Nous disposons déjà de structures (l'IRA, Supinfocom, la Cité du cheval) et nous envisageons, pour 2011/2012, la création d'une école consacrée à la création de jeux vidéos, Supinfogame, et d'une école de design industriel. Nous misons aussi sur notre palais des congrès et sa capacité à recevoir de plus en plus de rencontres. Nous avons eu le congrès mondial des télévisions publiques en octobre et nous accueillerons prochainement le congrès national des femmes chefs d'entreprises. Provence Prestige se développe également et nous aimerions dupliquer l'événement dans le Var. Nous sommes en train de travailler avec la ville d'Hyères.
La réforme des CCI qui est actuellement à l'étude à l'Assemblée menace-t-elle l'existence de la CCI-PA?
80% du budget de fonctionnement de la CCI est issu de nos services marchands et 20% seulement proviennent de l'impôt. Nous sommes gérés comme une entreprise. Nous sommes déjà tel que les CCI devront l'être demain. Nous avons contribué au travail sur la réforme et nous ne sommes pas inquiets. Certaines de nos idées ont été reprises. La réforme ne va pas éliminer des chambres bien gérées, cela ne serait pas logique. Nous voulons avant tout apporter un service de proximité, tout en ayant à l'esprit l'obligation de mutualiser des actions afin de réduire les frais. Nous pouvons être plus efficaces à plusieurs. Des formations du Pays d'Arles peuvent être reprises ailleurs en région. Notre territoire est déjà bien plus vaste que celui de certaines CCI départementales et nous ne sommes pas complexés par Marseille. Il nous faut travailler en parfaite intelligence et mettre nos forces en commun.
Y a-t-il une possibilité de fusion avec la CCIM-P ?
Si nous devions faire fusionner les deux CCI, cela n'apporterait rien à Marseille et rien aux Bouches-du-Rhône. À deux CCI, nous grandissons le département. Sans CCI du Pays d'Arles, certaines entreprises (Tarascon, Rognonas...) se retourneraient plutôt vers la CCI d'Avignon. Nous avons un vrai rôle local, économique, social et politique, qui a même été reconnu en quelque sorte par la Préfecture pendant les dernières inondations, où la CCI a servi de quartier général pour les secours. Nous ne sommes contre personne et nous sommes bien avec tout le monde. Nous contribuons à créer des ponts et pas à dresser des murailles.