La direction française de Caterpillar a annoncé en janvier plusieurs centaines de suppressions de postes sur les sites de Grenoble et d'Échirolles. Les négociations avec l'intersyndicale sont allées crescendo jusqu'au 31mars, jour où les salariés ont gardé la direction dans les bureaux grenoblois pendant 24heures. «Cette retenue a permis d'avancer plus vite sur les négociations», affirmait alors Michel Laboisseret, représentant syndical CGT. Le nombre de postes supprimés était effectivement ramené de 733 à 600. Le président de la République Nicolas Sarkozy avait même proposé une rencontre avec les représentants du personnel à l'Élysée. L'invitation avait été déclinée car «les voyous ne sont pas ceux qui retiennent la direction, ce ne sont pas les salariés qui souffrent et qui subissent le chômage partiel. Les voyous sont ceux qui licencient pour maintenir leurs dividendes», expliquait Michel Laboisseret.
Protocole de fin de conflit
Une réunion s'est finalement tenue le 19avril à Paris entre la direction et l'intersyndicale, en présence notamment de Philippe Gustin, conseiller de Christine Lagarde et directeur adjoint de cabinet de Luc Chatel. Un protocole de fin de conflit a été signé entre les deux parties. La direction s'engage notamment dans ce document à la pérennité des deux sites, et à la suppression de 600 postes, et non pas 733. Les organisations syndicales acceptent une négociation sur l'annualisation du temps de travail, un libre accès aux locaux et au respect de la liberté de travail. Mais ce protocole ne peut entrer en vigueur qu'après validation de l'ensemble des salariés. Or, une partie de la base le refuse et des discussions étaient en cours pour savoir si un vote se tiendrait. Albert Dupuy, préfet de l'Isère, se disait prêt, le 21avril, à ce que ce vote se tienne à la préfecture. «Ceux qui sont opposés à ce vote prennent une responsabilité importante, soulignait le préfet. On ne peut pas priver l'ensemble des salariés de la possibilité de s'exprimer. On peut penser ce que l'on veut du protocole. Mais il a le mérite d'exister et d'être signé par la direction et les membres du comité d'entreprise.» Nicolas Benoît, délégué CGT au comité d'entreprise, lui-même présent à la réunion parisienne, estime que ce protocole est un «compromis largement insuffisant. Les suppressions de postes pourraient être ramenées à 450 sans aucun licenciement sec.» Au moment où nous bouclions, des discussions avaient encore lieu pour savoir si le référendum se tiendrait et sous quelles conditions. La direction n'a pour sa part pas donné suite à nos demandes d'interview.
La direction de Caterpillar et les salariés peinent à trouver un terrain d'entente suite à l'annonce de suppressions de postes.