La deuxième édition du carrefour de l'habitat durable, qui s'est déroulée le 4décembre à Vannes dans l'enceinte du Crédit Agricole, se voulait la célébration d'une filière unie autour des enjeux du Grenelle pour la construction. Au final, l'essentiel du cahier des charges de cet événement impulsé par le cluster départemental Habitat durable a été respecté: faire dialoguer offices HLM, institutionnels, banques, professionnels du bâtiment et associations. Et les faire tous adhérer à une charte après trois tables rondes autour de l'habitat social, de l'habitat individuel et de la filière habitat durable.
Se former en pleine crise
Mais une filière en est-elle vraiment une si ses principaux acteurs traînent encore la patte ? La construction durable ne représente encore que 910M€, dont 704M€ rien que pour la construction neuve, sur plus de 8Md€ de chiffre d'affaires dégagé par le secteur du bâtiment en Bretagne. Certaines entreprises du secteur semblent avoir encore du mal à se projeter dans le Bâtiment basse consommation (BBC), le bâtiment à énergie positive (Bepos, prévu pour 2020) ou le 50 Kwatts/heure par an au m² pour l'ancien à l'horizon 2050. Former ses salariés à de nouvelles normes et à de nouvelles techniques a en effet un coût. Confrontée à une crise sévère de l'immobilier et à la nécessité immédiate d'équilibrer leurs comptes d'exploitation, les entreprises du bâtiment réclament aujourd'hui un soutien financier en matière de formation. C'était notamment le message adressé par Thierry Maho, président de la FFB du Morbihan. «Il y en a, pourtant, des financements à la Région», relevait en marge des débats Marie-Christine Leray, présidente de la chambre des métiers et également conseillère régionale. Au niveau national, un plan de 600Md€ a en tout cas été engagé sur 40 ans, avec de premiers objectifs de formation dès 2012, comme le soulignait Jérôme Gatier, directeur du comité stratégique du plan bâtiment du Grenelle, qui avait fait le déplacement.
Pour sa deuxième édition, le carrefour de l'habitat durable organisé par le cluster départemental du même nom, a permis de mesurer le chemin qui reste à accomplir en termes de formation à l'éco-construction.