« Avec 70 % d'étrangers qui naviguent sur le canal du Midi, cette voie est une destination phare. La tenue de la 26e édition du World Canal Conference (congrès mondial des canaux et voies navigables, ndlr) était donc tout à fait appropriée », explique Jacques Noisette, responsable de la communication au sein de Voies navigables de France (VNF). Au total, pas moins de 14 pays représentés et 250 participants : l'occasion d'apporter un éclairage particulier sur le canal du Midi, ses problématiques de préservation, son développement et ses infrastructures. Gestionnaire des 240 km du canal, la direction territoriale de VNF Sud-Ouest a également en charge 460 autres kilomètres de voies d'eau sur un territoire s'étendant de Bordeaux à Sète. « En quatre ans, notre budget annuel a doublé, passant de 8 à 16 millions d'euros, dont 10 millions consacrés aux investissements (réparation, entretien et développement) », poursuit Jacques Noisette.
83 opérationsmenées par la Région
Avec pour coeur de métier l'entretien et la réparation des infrastructures, VNF mène ses actions en partenariat avec les collectivités territoriales. « Nous travaillons d'ailleurs au renouvellement du plan d'actions spécifique pour le canal des Deux Mers (autre appellation du canal du Midi, ndlr) avec l'État et la Région pour la période 2013-2020 », poursuit le membre de VNF. Dans ce cadre, la région Midi-Pyrénées a participé à 83 opérations ces dernières années pour un montant de 4,23 millions d'euros. Parmi les derniers aménagements en cours : le site de Port Sud dont la concession appartient à la ville de Ramonville-Saint-Agne, financé à hauteur de 324.000 euros par la Région. « VNF va également investir trois millions d'euros dans l'aménagement du site de la pente d'eau de Montech, ajoute Jacques Noisette. Les travaux qui doivent débuter l'an prochain s'étendront sur près de deux ans. »
La problématiquedu chancre coloré
Au-delà de la gestion de ses infrastructures, vieillissantes pour certaines, le canal du Midi doit également faire face à la menace du chancre coloré. Sur les 42.000 platanes bordant la voie d'eau, 8.000 à 10.000 seraient concernés. Depuis 2006, date de la découverte du champignon, l'abattage des arbres et la replantation de nouvelles espèces ont représenté un investissement de 11 millions d'euros, « dont 7 millions en 2013 et certainement autant sinon plus l'an prochain. » Coût de l'opération estimé sur les 20 ans à venir : 200 millions d'euros dont un tiers financé par VFN. Les collectivités territoriales se sont engagées à financer un autre tiers : Languedoc-Roussillon a déjà octroyé une enveloppe de 700.000 euros et s'est engagé sur un investissement de 1.5 millions d'euros par an. Le conseil général de l'Aude a également donné son accord pour un soutien financier - tout comme celui de l'Hérault - et pour la fourniture de plants. Des discussions seraient également bien avancées avec la région Midi-Pyrénées et le conseil général de Haute-Garonne. « La contractualisation d'une convention avec VNF devrait se faire d'ici à la fin de l'année. » Quant au troisième tiers, VNF entend faire appel à des financements innovants : une campagne d'appel aux dons a été lancée (voir article ci-dessous), la création d'un surpéage ou d'une taxe « type taxe de séjour » sont également envisagés. « Nous devrons forcément passer par des nouvelles formes de financement. Tout cela est à l'étude aujourd'hui », conclut Jacques Noisette.
économie fluviale Long de 240 km, coulant en Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, le canal du Midi voit chaque année affluer 10.000 bateaux.