Calaisis : Focus sur les fleurons d'un territoire dit « en crise »

Calaisis : Focus sur les fleurons d'un territoire dit « en crise »

Entre l'interdiction d'opérer de MyFerryLink, les récentes difficultés des dentelliers et la crise migratoire, le Calaisis n'a pas bonne presse. Et pourtant les entrepreneurs du territoire tirent leur épingle du jeu dans bien des domaines. Panorama non exhaustif de fleurons calaisiens promis à un bel avenir.

Il y a des vérités pas bonnes à entendre et des réalités qu'on ne peut pas nier. Le Calaisis connaît un taux de chômage de 15,7 %, selon les estimations au 4e trimestre 2015, publiées par La Direccte régionale. C'est un fait. Mais le Calaisis c'est aussi 520 créations d'entreprises en 2013 et 3.419 entreprises au 1e r janvier de cette même année. Antoine Ravisse, dirigeant d'ASA - une société qui gère les arrivées et départs sur le port de Calais - ne désespère pas de voir ce territoire rétablir son image même si le constat demeure pour le moment amer.




Une mauvaise image

« L'image de Calais a pris un sacré coup avec la crise migratoire. Depuis l'étranger, on voit souvent la ville sous son mauvais jour. Loin de moi l'idée d'émettre un jugement sur les conditions de vie des migrants, mais cette crise a des retentissements », explique Antoine Ravisse, à la tête du mouvement " Grand rassemblement du Calaisis ". Le dirigeant calaisien continue ainsi : « Il faut rétablir l'image de Calais par tous les moyens, parce qu'on en souffre énormément. Ce soutien ne doit pas se faire uniquement en termes d'argent, mais aussi en termes d'image. Beaucoup de nos clients sont Anglais, Hollandais ou Belges. On ne doit pas les laisser croire aux raccourcis qu'on fait sur le territoire ». Pour se défendre de ces raccourcis, qui feraient fuir de potentiels investisseurs, le Calaisis dispose d'atouts insuffisamment mis en valeur. Et ce, dans plusieurs domaines d'activités.




Le port, poumon de l'économie calaisienne

Les activités portuaires, d'abord. « L'un des poumons de Calais » si l'on en croit Antoine Ravisse. Le chantier Calais Port 2015 - aux mains de la Société d'exploitation des ports du Détroit à qui la gestion a été confiée par la Région pour cinquante ans - est sans conteste le chantier le plus attendu sur le Calaisis. Avec une promesse de 2.000 emplois sur la globalité des travaux, les chiffres donnent le tournis. Si les travaux ne battront leur plein qu'entre 2018 et 2020, le coût du projet est estimé à près de 900 M€, dont plus de 650 M€ sur la seule enveloppe des travaux.




Projet Eleclink

Parmi les géants calaisiens du transport, le groupe Eurotunnel s'est engagé dans un projet d'interconnexion électrique entre la France et le Royaume-Uni, passant par le Tunnel sous la Manche. Les travaux doivent débuter fin 2016 pour un investissement de 500 millions d'euros, financés sur fonds privés. « La mise en service est prévue pour 2019. L'investissement dans le Calaisis et le Kent sera créateur d'emplois, notamment pour le Calaisis », a déclaré Steven Moore, directeur général d'ElecLink.




VIIA Britannica

Autre poids lourd dans ce domaine : la nouvelle autoroute ferroviaire VIIA Britanica, qui relie le port de Calais et Le Boulou dans les Pyrénées-Orientales en 22 heures. Entrée en service fin mars pour un investissement de 7 M€, supporté par le Port Boulogne Calais, elle se classe comme la plus longue autoroute ferroviaire d'Europe. Une deuxième ligne est d'ores et déjà envisagée entre Calais et Turin. Jean-Marc Puissesseau, P-dg du port Boulogne Calais ne cache pas sa fierté « d'être le premier port européen doté d'une telle infrastructure innovante », d'autant plus que « cet équipement participera localement à la création d'une nouvelle activité de manutention sur le port, et donc à de nouveaux emplois ». Cette autoroute ferroviaire en appelle évidemment une autre : Cargo Beamer. Ce projet, filiale de gestion du terminal de Calais Premier, sur la zone de la Turquerie, a pour objectif de relier la Côte d'Opale à l'Est de l'Europe, via la Belgique, l'Allemagne, la Pologne et la Russie.




Les croisières à la hausse

L'activité maritime calaisienne, c'est aussi la récente croissance sur le segment des croisières de navires. La compagnie Croisières de France a choisi Calais comme point de départ et d'arrivée de 17 escales vers la Norvège, entre mai et septembre. Une activité qui rapporterait plusieurs centaines de milliers d'euros à la Ville en taxes ou location d'équipements. « C'est 1.500 personnes par paquebot, 60.000 en transit dans la gare maritime du bassin Henri Ravisse au total. En 3 ans, Calais est passée de 12 à 17 escales. C'est une belle progression. Calais va devenir un port majeur dans ce domaine », ajoute le dirigeant d'ASA.




Tourisme

De futurs touristes qui pourraient profiter, dans quelques années, de l'autre projet phare de la municipalité calaisienne : Heroïc Land. Véritable serpent de mer, décrié par des polémiques et rivalités politiques en tout genre, Calais Promotion officialise le lancement du parc d'attraction pour un montant d'investissement de 265 M€. « Heroïc Land c'est 1.000 emplois non délocalisables : 750 emplois directs (300 CDI et 450 saisonniers) et 250 personnes indirects », précise-t-on au sein de Calais Promotion. Selon ces mêmes estimations, la construction du parc entre 2017 et 2018 devra, elle, générer 2.430 emplois. À ce vaste chantier précède celui du retailpark, Les Cailloux, dont l'ouverture est attendue cet été sur 10.000 m² de surface. Il représente un investissement de 12 M€ pour le groupe Redim. « Trois enseignes se sont déjà porté acquéreurs de leurs cellules : Orchestra et Intersport, déjà présentes sur Calais et qui doublent leurs sur faces, mais aussi L'Incroyable », fait savoir Stéphane Bombon, directeur général de Redim, « à elles trois ces enseignes ont acheté 8.000m² de surface. Il reste 2.200 m² divisible en deux, ce qui porterait le nombre total à 5 enseignes ». En termes d'emploi, Stéphane Bombon évoque la régle d'un emploi pour 100 m² créé.






Le médical n'est pas en reste

Le Calaisis peut également s'enorgueillir de deux bonnes nouvelles dans le domaine de la santé, un secteur qui concernerait près de 1.000 emplois sur le territoire, services annexes compris. L'ouverture de la Clinique des Oyats, prévue en octobre, avec la création d'une nouvelle clinique post-cure psychiatrique, complétera en effet l'offre de la Clinique du Vival, avec 50 emplois à la clé. L'hôpital de Calais n'est pas en reste avec l'obtention de l'agrément NHS (service de santé britannique) le propulsant de ce fait prestataire de service au même titre que tout autre hôpital britannique. « Tout médecin britannique, à l'unique exception du pays de Galles, peut désormais envoyer ses patients à Calais. Le premier patient britannique a été accueilli en avril dernier. C'est une réussite et une preuve de l'efficacité de nos équipements de santé », déclare Thaddée Segard de la société French Deal qui s'est occupée, en partenariat avec l'hôpital, des démarches pour l'agrément.




350 emplois chez Armatis

Armatis-lc, acteur du marché de la relation clients, déploie son activité dans un nouveau bâtiment, zone Marcel Doret à Calais. Si l'on sait que 350 emplois sont à la clé de cette opération censée « augmenter la capacité de production dans le Calaisis », la direction n'a pas souhaité commenter son montant d'investissement. Le secteur du numérique, enfin, prend ses aises dans le Calaisis après un vaste programme de revitalisation impulsé par SNCF Développement. Le fonds a accordé 3 M€ à des porteurs de projet, pour la création de 400 emplois sur le bassin calaisien. Après la création de l'incubateur numérique Tektos et d'un FabLab, la Ville envisage maintenant la venue d'une maison du numérique en plein centre-ville.