Calais, la ville où l'on bâtit un mur entre les hommes

Calais, la ville où l'on bâtit un mur entre les hommes

Mur de la honte pour les uns, mur identitaire pour d'autres. Mur de sécurité, mur de l'incompréhension. Au final, 4 m de discorde pour 1 km de polémique. Financé par les Britanniques, qui allonge la bagatelle de 2,7 millions d'euros pour du béton végétalisé, le mur prend place le long de la rocade portuaire de Calais. Cette nationale 216 où les migrants attaquent les poids-lourds. Et inversement. C'est le président du port de Boulogne-Calais, Jean-Marc Puisseau, qui en a eu l'idée. « Tout le monde le voulait il y a quelques mois encore, aujourd'hui la majorité n'en voit plus l'intérêt. Moi je dis : construisons-le et si, d'aventure, on en a plus besoin, il ne restera qu'à la détruire. » La préfecture du Pas-de-Calais confirme le maintien des travaux et promet même une fin de chantier « avant la fin de l'année ». Coïncidence de l'agenda, c'est à la même période que doit être démantélé le campement de La Lande où s'entassent des milliers de migrants. Promesse de Président de la République. Mais à la Région on s'interroge. Quels migrants doit-il stopper si la "jungle" n'est plus là ? Natacha Bouchart, la maire de Calais, estime qu'il «n'a plus lieu d'être » soutenue par Xavier Bertrand qui ne veut «pas fleurir la Côte d'Opale avec des barbelés ». Mur des lamentations.