Début 2006, le Malouin Stéphane Péan -cadre au Japon - ouvrait le hub BZH Network sur Viadeo. Objectif, créer un espace de dialogue entre des personnes considérant la Bretagne comme un socle commun. Cinq ans plus tard, ce collectif virtuel est toujours aussi dynamique. Simon Le Bayon, contributeur actif, estime à près de 5.000 les membres du réseau. Sur Viadeo, le blog bzhnetwork.com, Facebook, twitter ou encore Linkedin. «On est dans l'idée d'un réseau du type ?J'y gagne ce que j'y apporte?, avec une valorisation des actions individuelles», explique Simon Le Bayon. Un trentenaire installé à Goven qui sait de quoi il parle. En décembre, il obtenait en effet son doctorat avec un sujet de thèse en phase avec le réseau: Sociologie de la composition des collectifs du web 2.0/Le cas de la diaspora bretonne.
Le risque de l'essoufflement
Pour le jeune doctorant, personne ne peut aujourd'hui revendiquer la propriété du réseau étant donné qu'il s'agit d'une «agrégation d'actions individuelles qui font émerger une dynamique» Et c'est bien la limite de ce type de projet. Car à partir du moment où tout le monde le porte, sans véritable structure, le manque de visibilité, et surtout l'essoufflement, guettent. «Si on n'a pas une forme d'appui, on risque de voir apparaître le syndrome du collectif qui se désagrège.» Aujourd'hui, BZH Network est donc «dans une phase charnière. Le collectif a besoin de se renouveler, trouver de nouvelles énergies», confie Simon Le Bayon. Et de se tourner vers une collectivité, comme la Région Bretagne, pour qu'elle crée cette impulsion salvatrice. «Malheureusement, le milieu politique reste assez frileux en matière de web, regrette le Breton. Il n'a pas encore perçu tout le potentiel qu'il peut y avoir.» À l'aune du printemps arabe, où l'on a vu les réseaux sociaux tenir un rôle majeur, les élus devraient peut-être y réfléchir à deux fois.
Réseaux sociaux Alors que BZH Network fête ses cinq ans, certains membres du réseau aimeraient obtenir un appui public pour assurer la pérennité du collectif.