Acheter ou louer les véhicules de l'entreprise? Contraintes, coûts, fiscalité, les arguments pour l'une ou l'autre de ces solutions sont à peser attentivement. Entre les entreprises désireuses de rester maîtresses de leurs deniers en achetant leurs véhicules, et celles optant pour la location longue durée (LLD), histoire de s'affranchir des contraintes inhérentes liées à la gestion de flotte, difficile de savoir qui réalise la meilleure opération financière. Chaque moyen de financement présente des avantages et des inconvénients qu'il convient de connaître avant de s'engager dans telle ou telle voie.
Achat: des risques à bien évaluer
En préambule, Bernard Roland, consultant en gestion de flotte, plante le décor: «Lorsque l'on compare l'achat et la location longue durée de véhicules, il importe de séparer les aspects financement et gestion des services». Une entreprise peut effectivement acheter ses véhicules et confier leur gestion à un prestataire extérieur. On parle alors de fleet management, un service proposé par les principaux loueurs en longue durée et par certains spécialistes de la question. Les administrations publiques et collectivités locales sont les plus friandes de cette pratique, pour qui l'achat reste avantageux fiscalement. Mais pour une entreprise, la problématique est tout autre. En achetant ses véhicules, une structure privée s'expose à de plus grands risques. Une telle opération entraîne un alourdissement du bilan, une immobilisation de trésorerie en cas d'achat comptant, le renouvellement de parc n'est pas aussi régulier qu'en location et la revente peut vite devenir un véritable casse-tête. L'entreprise doit également assumer la gestion quotidienne du parc, ce qui nécessite l'emploi d'un gestionnaire. Mais ces perspectives plutôt négatives ne freinent pas les TPE et PME. Selon un sondage mené par l'Observatoire du véhicule d'entreprise en 2007, près de 80% des entreprises de moins de 10 salariés privilégient l'achat et le crédit auto. Les entreprises employant entre 10 et 99salariés optent pour cette solution à 45%.
Le confort de la LLD a un prix
Au-delà, le ratio est totalement inversé en faveur de la LLD. Une situation qui échappe à Bernard Roland: «Ce devrait être l'inverse! Les TPE n'ont aucun intérêt à acheter!» D'après lui, deux obstacles nuisent à l'essor de la LLD au sein des TPE et PME. «La première est que les loueurs disposent de trop peu d'agences, le maillage du territoire est insuffisant. Seuls les constructeurs ont un réseau assez vaste, mais ils font tout pour vendre leurs véhicules plutôt que les louer. La seconde est que les loueurs en longue durée rechignent à signer des contrats avec les petites entreprises». Le risque financier est trop élevé, surtout en cette période où loueurs et PME ne sont pas tous au top de leur forme. L'une des alternatives pour les petites entreprises est alors la location avec option d'achat, la LOA. Le rachat du véhicule est possible à tout moment et sa valeur résiduelle est généralement attractive. Le client est aussi libre de ne pas lever l'option d'achat et peut ainsi se décharger des risques liés à la revente. Reste enfin la LLD, pour qui les grandes entreprises succombent dans leur immense majorité. Les clients peuvent sélectionner les services à la carte (pneumatiques, carburant, assurance, entretien, véhicule de remplacement...) et déléguer leur entière gestion au loueur. Au risque de surpayer ces prestations, mais c'est sans doute le prix de la tranquillité. C'est aussi la possibilité de prévoir son budget pour la durée du contrat et de s'affranchir des risques liés à la revente. La LLD est donc des plus séduisantes, à condition toutefois de respecter les termes du contrat. L'entreprise s'expose sinon à quelques surprises et à de forts suppléments lors de la restitution du véhicule.
L'automobile se place régulièrement sur le podium des postes de dépenses des entreprises. Entre le financement, le carburant ou encore la fiscalité, l'addition a vite fait de s'envoler. Les entreprises ont donc tout intérêt à se pencher de près sur d'éventuelles dérives et à rationaliser leur budget auto. Les pistes de réflexion sont multiples. En voici quelques-unes.
Dossier réalisé par Louis Bergognon