«Depuis début 2008, il y a un ralentissement de l'activité dans le logement neuf», lance Philippe Grange, directeur de la Fédération du BTP de Meurthe-et-Moselle (FBTP). Ainsi, à fin août, les mises en chantier ont enregistré une baisse de 41,6% sur le département. «Cela représente -13,1% sur le logement individuel et -60,7% sur le collectif.» Sur 12mois flottants, toujours fin août, le département compte 2.958mises en chantier. Contre 4.082un an plus tôt; 4.147en 2006et 3.470en 2005. «Mais il ne faut pas oublier que nous étions sur une tendance très forte auparavant. Il y a eu beaucoup de programmes. Il faut bien que cela s'arrête un jour. On ne peut pas continuer à construire sans remplir.»
Hausse du nombre de permis de construire
Tout en se déclarant vigilante, la FBTP 54 ne veut pas entrer en sinistrose. Surtout que «si les mises en chantier baissent, le nombre de permis de construire délivrés progresse de 26,2% sur les huit premiers mois de l'année», surenchérit son président Jacques Wermuth. Selon la direction régionale de l'équipement, sur un an 4.398permis de construire ont été délivrés. Le président souligne que nous quittons six années de très belle activité. «On savait que cela n'allait pas durer. Mais il ne faut pas oublier que, sur Nancy par exemple, nous avons encore les dossiers Anru.» Reste que les carnets de commandes ne dépassent pas les six mois (c'était un an il y a un an et demi). «Mais nous pouvons signaler qu'actuellement, nos bureaux d'études sont saturés», argue Jacques Wermuth, rejoint par Didier Ridoret, président de la fédération française du bâtiment. «Je partage l'optimisme raisonné de la FBTP 54. Il faut être prudent dans les approches économiques. On peut développer une orientation nationale, mais après, il faut aller dans les départements. Et en Meurthe-et-Moselle, l'orientation reste favorable.» Si la baisse du nombre de mises en chantier entraîne forcément un ralentissement de l'activité, les deux hommes insistent sur le fait que cela ne peut être considéré comme une crise. «L'activité du BTP concerne à plus de 50% l'ancien. Ce dernier a progressé de 1,5% au 3septembre», appuie Didier Ridoret.
Mais qu'on l'appelle crise ou pas, la situation actuelle ne permet pas de se projeter dans l'avenir. Car un nouvel élément est entré en jeu: la crise bancaire. «Il faut que les banques purgent leur système, retrouve de la sérénité pour faire leur métier, note Didier Ridoret. Je pense que le plan gouvernemental est une bonne chose pour aller dans ce sens.» Quant au Grenelle de l'environnement, il permettra au BTP de s'engager dans un vaste chantier. «Nous ne ferons pas le plein de commandes début 2009, souligne Philippe Grange. Mais la rénovation énergétique est synonyme d'activités pour nous.»
Avec des carnets de commandes allant de quatre à six mois, le BTP en Meurthe-et-Moselle manque de visibilité pour 2009.