Bruno Rost, le patron bordelais qui se lance dans le one man show!

Bruno Rost, le patron bordelais qui se lance dans le one man show!

Bruno Rost dirige les sociétés WorldCast Systems (14 M€ de chiffre d’affaires) et AS Industrie (4 M€ de CA). Ce patron pas comme les autres montera sur scène les 9 et 10 mars à Bordeaux pour jouer un one man show. Une première en France.

« J’aurai voulu être un artiste » chantait Starmania en 1978 dans le Blues du Businessman. « J´ai réussi et j´en suis fier, au fond je n´ai qu´un seul regret, j´fais pas ce que j´aurais voulu faire ». Bruno Rost, patron de WorldCast Systems, refuse d’avoir des regrets. Sur la « do to list » de sa vie, il a rédigé plusieurs objectifs : créer une entreprise, bien connaître le vin, écrire un livre, monter sur scène. Il a créé plusieurs sociétés, passé un diplôme d’œnologie, publié un bouquin. Reste donc à monter sur scène. « Je n’ai jamais eu la confiance en moi nécessaire pour réaliser ce challenge », explique le président de WorldCast Systems, une PME girondine spécialisée dans les équipements radio et télé. Mais aujourd’hui j’approche de mes 50 ans, j’ai combattu ma timidité et je veux avancer dans ma to do list ! »

Ami metteur en scène
Bruno Rost s’est donc mis en tête de monter sur scène. Pas pour jouer la pièce d’un autre, non, pour jouer son propre spectacle. Un patron qui se lance dans le one man show : une première en France. Pour avancer dans son projet, le dirigeant a commencé par rencontrer son ami Jean-Claude Pindat. Comme lui, celui-ci est entrepreneur à Mérignac (Expresso Service) et artiste dans l’âme. A ses heures perdues, il met en scène les spectacles de la troupe « Les feux de la rampe ». « Jean-Pierre m’a enfermé dans son bureau et m’a fait passer une audition. Après quelques minutes, il s’est exclamé : « Il y a du boulot ! Mais si tu viens me voir une demi-journée par semaine, tu seras prêt dans 3 ou 4 mois ». Nous sommes en juin 2015, Bruno Rost se lance dans un nouveau défi.

« La psychanalyse d’un petit patron »
En même temps qu’il dirige ses deux entreprises qui comptent 115 salariés, Bruno Rost apprend à jouer la comédie et se lance dans l’écriture du spectacle. « J’ai découvert que je savais écrire », explique-t-il. Celui qui a six arrières grands parents italiens décide de créer un personnage italien pour monter sur scène. Toni Rostini sera son double scénique, un patron sicilien tonitruand/t. « Ce spectacle, c’est la psychanalyse d’un petit patron, résume Bruno Rost. C’est une thérapie après les difficultés rencontrées entre 2009 et 2012 ; le combat avec les banquiers, les clients ; les licenciements…
Même si je ne m’adresse pas qu’aux entrepreneurs, j’y raconte ma vie d’entrepreneur. Sans jamais être méchant… Sauf envers les banquiers, je n’ai pas pu m’empêcher ! Ce spectacle est là pour montrer qu’un patron est une personne comme les autres, qui rencontre des problèmes personnels et qui est animé par des passions. Bref, quelqu’un qui n’est pas obnubilé par le fric, comme certains pourraient le penser ».

Salle de 260 places
« Toni Rostini, le patron qui fait rire », sera joué les 9 et 10 mars au Théâtre Trianon, à Bordeaux. 22 sketchs pour une 1h30 de spectacle devant 260 spectateurs. Une répétition s’est tenue il y a quelques jours devant 50 personnes. Un premier jugement « très mal vécu ! » par le patron artiste. L’heure de vérité approche et Bruno Rost travaille la promotion de son one man show comme un lancement de produit. Sa belle-fille, qui dirige l’agence WUPS s’occupe de la communication. Marina Bellouin-Volant, dirigeante du cabinet mbv.com et animatrice de son groupe APM, a rédigé avec lui un bouquin qui sortira le 9 mars et qui présentera l’homme plus que son personnage. Ce livre sera édité, comme il se doit, par l’auteur de Salaud de patron, Julien Leclercq.

Baisse de sa rémunération
Bruno Rost compte les jours jusqu’à la première et affirme qu’il n’a rien à perdre. « J’ai suffisamment confiance en moi pour me planter ou ne pas plaire ». Son entourage le soutient, même s’il ne cherche pas à faire l’unanimité. « Je ne vais pas dire que ma femme était enthousiaste au début. Mais elle est devenue mon premier soutien aujourd'hui. Mes associés chez WorldCast Systems se marrent en évoquant mon projet. Mes salariés comprennent plus ou moins. Mais le site internet de Toni Rostini a été réalisé par deux collaborateurs, dont le délégué du personnel. En dehors de leurs heures de travail bien évidemment! ». La précision est importante et Bruno Rost souligne qu’il a diminué sa rémunération de 33% pour consacrer un tiers de son temps à son spectacle.
Toni Rostini va-t-il disparaître définitivement le 10 mars ? On sent bien que Bruno Rost s’est attaché au personnage et il admet qu’il se verrait bien reprendre le costume du patron sicilien par la suite. Par exemple lors d’animations de « team building » : « Travailler l’image des patrons dans l’entreprise, c’est une sacré mission, non ? ».

« Toni Rostini, le patron qui fait rire », les 9 et 10 mars au Théâtre Trianon, à Bordeaux